PHEDRIENNE


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Entendu hier sur les médias un commentaire laconique et terrible sur Haïti et le cataclysme qui vient de la frapper. Soulignant négligemment que l’île ne vivait que de subventions et de l’aide internationale, le journaliste  a rajouté cyniquement que tous les gens capables et érudits en étaient partis !  Sans mesurer sans doute la portée véritablement humiliante, voire insultante de ces mots. Quand le désir de surenchère médiatique, d’effets d’annonces, d’accroches dignes des journaux les plus people prennent le pas sur l’information, et surtout sur le respect élémentaire dû à l’humain, voilà ce que cela donne.

Je passerais sur la surabondance de gros plans sur les blessés, les cadavres couchés à terre, les cadrages serrés sur des visages en pleurs. Sans oublier les images rassurantes pour notre conscience des rangées de militaires et de bénévoles prêts à partir pour l’aide humanitaire. Pourtant, un « expert » a souligné l’inadaptation de ces aides non accompagnées de structures éducatives, et qui permettraient pourtant à cet état de regagner une fierté, d’accéder à une autonomie, de sortir de l’assistanat qui ne permet jamais de grandir….

Ce pays le plus pauvre de la planète ne semble n’exister pour nous qu’à la défaveur de ces séismes, famines, le conte ordinaire de sa misère retournant dans les tréfonds noirs de l’oubli sitôt qu’une autre actualité arrive. Et je ne doute pas que la prochaine chute de neige recouvrira très vite de son manteau blanc les cadavres de Port aux Princes, le mal nommé…..

Ven 15 jan 2010 2 commentaires
Plus les kilomètres séparent les lecteurs/spectateurs de personnes qui meurent, moins la nouvelle les touche. C'est la sinistre et cruelle loi journalistique du mort-kilomètre, observée à la lettre...

En revanche, la violence sous toutes ses formes - et quoi de plus violent que ces cadavres livrés en pâture au monde entier - attire et fascine...
Laurence - le 15/01/2010 à 09h15
Bonjour Laurence
Ton analyse est juste hélas ! Mais j'avoue que je ne me ferais jamais à cet état de fait, à cette chosification de l'homme ! J'ai eu honte hier devant ma télé, profondément honte de cela, et de cette réalité qui ne devrait pas être, cette injustice foncière...
phédrienne - le 15/01/2010 à 17h57