PHEDRIENNE

Je marcherais devant, mes pas crissant sur la terre
Le matin serait pâle et dur
Epure des lignes brisant les chaines
Des lointaines Appalaches
Sous un vent pur….
J’ai envie de ces terres nues
Sauvages, indisciplinées, désertes
De cette limite du corps
Porté par l’effort de la marche
Depuis l’aube, quelque part
Sur ce vaisseau terre amarré nulle part …
Je marcherais devant, mon regard levé vers le jour
En ayant juste dans mes poches
Quelques pages vierges,
De quoi griffer de noir et blanc
La couleur de mon ciel,
De quoi me faire rêver encore
A l’infini des eaux heurtées
Au métal blanc, à la poussière,
Au minéral torturé…..
Loin derrière moi bruisseraient les villes
Et leurs histoires de Babel
Couchée sur l’herbe je sourirais
A ce temps que j’aurais délité
A ce grand cercle d’arc en ciel
Sur lequel je serais posée………….