PHEDRIENNE
La Chine a exécuté hier un ressortissant britannique condamné pour trafic de drogue. Je ne
m’attarderais pas sur les circonstances réelles de son arrestation et la véracité de ces méfaits. Mais ce qui m’interpelle est le ton extrêmement
mesuré et timide des commentaires journalistiques et officiels qui ont salué ce fait choquant.
Il va sans dire aussi qu’en ces périodes de fêtes et d’agapes, le citoyen lambda repu a d’autres chats à fouetter et s’inquiète davantage de la taxe
carbone et de la chute des températures que du sort d’un inconnu aussi loin.
Pourtant, il y a de quoi s’inquiéter de cette servilité du monde occidental au pouvoir émergent, tant
économique que politique d’un état dominant et qui a toujours été autocratique dans son histoire ! Et justement notre histoire devrait nous montrer qu’on ne doit pas courber l’échine,
s’effacer devant le fort et la puissance de l’argent, les juteux marchés que la Chine fait étinceler dans les yeux des traders pour en occulter les conséquences .
Sommes-nous si ignorants et si orgueilleux que nous ne sachions lire ces ornières répétées dans lesquelles nous nous sommes enlisés ? La politesse diplomatique dont nous usons vis
à vis de la Chine, alors qu’une volée de bois vert aurait stigmatisé un pays de moindre importance pour les mêmes faits, m’écœure ! A peine
a-t-on souligné d’un ton poli le nombre d’exécutions « officielles » déclaré par cet état, faisant du même coup l‘impasse sur ce que vivent ces milliards de citoyens tenus d’une main de fer.
On considère toujours que le peuple chinois est totalement consensuel à ce régime, une facilité de pensée qui s’ancre dans la vision caricaturée qu’en a offert si longtemps le régime communiste
de Mao. La vérité est surement autre, mais il faudrait aller chercher creuser. Mais non ! On ne va pas fâcher ce géant belliqueux et susceptible qui ne cesse d’affirmer sa
souveraineté ! Il faudrait faire attention au sens des mots, jamais anodins en politique.
Bien sur, on ne va pas faire la guerre à la Chine pour son système de justice. Ni assimiler l’essence d’un état, d’une civilisation séculaire à
cela. Mais cet entredeux communicationnel me flanque la nausée.
Autant dire que cet état peut faire ce qu’il veut, à condition qu’on ne le sache pas, et pour que la mariée reste belle !
Ce qui m'a dérangé dans cette histoire c'est de n'en avoir été informée que la veille de l'exécution. Mister Brown s'est indigné... comme une partie du monde bien pensant !!!!
Le monde entier alerté plus tôt n'aurait-il pas pu faire pression pour éviter la mort d'un homme, quel que soit le délit commis dont je n'ai pas à juger.
Simplement, je suis contre la peine de mort... particulièrement dans ces conditions !
C'est une puissance qui a démontré qu'elle se moquait totalement de l'opinion "mondiale". Quand on domine... que peuvent faire les dominés ?