PHEDRIENNE
Pas sous la pluie…..le parc est désert, un épais tapis de feuilles fait taire ce chant doux et rythmé de la pluie, qui coule fraiche et continument. Je suis seule. De loin en loin un parapluie dresse son orbe, ça saute de flaque en flaque en faisant la grimace, et moi, je souris.
Qui a dit que la pluie de Novembre est triste ? Elle ourle les arbres et les feuilles de guirlandes de lumière, petites perles qu’un rayon filtrant vient de temps en temps faire briller entre deux nuages épais et molletonnés. Elle chante, de sa voix ténue de petite fille, une ritournelle où se scande le même refrain, et rince l’esprit autant que le corps.
De la terre gorgée monte cette odeur lourde d’humus qui réveille les sens et les empèse en même temps d’une tiédeur qui ralentit la marche, vous incite à musarder, à trainer dans les allées où les larges feuilles des plantes exotiques dégoulinent avec ferveur. Dans ma tête je voyage, transportée dans les pays de mousson, cherchant derrière Duras un barrage contre le pacifique, poursuivant les baleines dans les océans déchainés, cherchant au creux d’un tronc torturé de lianes, un abri, je remonte au déluge !
Mes vêtements gorgés de pluie collent, freinent mes mouvements, tandis que je me tortille, le reflex à
la main, pour capturer de minuscules prismes de lumières dans des gouttes larges et argentées, qui font du toboggan sur les feuilles
lisses. Je me sens l’âme d’une petite fille, quand je courrais, enchantée et candide derrière des bulles de savon où le soleil allumait des arcs en
ciels !
Oserais-je le dire? J'ai sauté pieds joints dans la plus grosse flaque ! Un plaisir unique ! Essayez pour voir !