PHEDRIENNE


J’aimerais bien que le ciel explose ! Revers de mes états intimes, les nuées s’amoncèlent, forment des amas compacts, d’un violet gris à la Van Gogh, s’électrisent. Court dans nos maisons une moiteur tropicale qui couvre d’un fin linge de sueur la peau, moirée et érotisée sans regard.

L’air est immobile, figé, une ambiance de jungle avant l’arrivée imminente du prédateur. Cette sensation suffocante qu’il va enfin arriver quelque chose, que ça va se dénouer, et il ne se passe rien !

Dans mon petit cerveau, la connectivité s’affole. Des ondes courtes filent, illuminent en flash des envies subtiles ou fulgurantes, font jaillir des idées, des faims multiples…..auquel mon corps languide répond avec une lenteur molle, une flasticité éprouvante, comme s’il manquait un ressort essentiel.

J’aimerais pouvoir crever d’un ongle majeur, d’une longue épée affutée ces panses remplies d’orages….prendre d’un coup la fraicheur implosive d’une pluie majestueuse, éclaboussant et noyant dans des glougloutements féroces ma chaleur, ma surchauffe interne et externe.

J’aimerais courir sur le faîte du ciel à longues enjambées élastiques plutôt que ressentir cette pesanteur lourde, cet enracinement du corps à une fatigue artificielle plombée de chaleur !

Alors j’attends ! Et guette du coin de l’œil le premier éclatement de tonnerre, la première zébrure d’éclair qui viendra trancher dans ce ventre écrasant, déchainer les roulements de tambour et délivrera du coup ma propre tempête intérieure !

Dim 5 jui 2009 Aucun commentaire