PHEDRIENNE
C’est un pinceau ardent, dur, aiguisé comme un tranchant
Ca dessine ma vie à contre courant
Quel peintre fou, démiurge, a pris cette palette,
Où les couleurs coupées se mélangent à mon sang ?
C’est un chant âpre et fort au goût de mes batailles
Menées à drapeau plein sur des terres encrées,
Un bateau sans rivages où les sens en partage
Se dessinent à l’eau forte sur mes pensées…..
C’est une rivière folle où les crues me déposent
Mouillée, chaude et tremblante
Sur des sables déserts
Là où mes mots s’épuisent comme de vaines prières
C’est un mot d’amour doux
A peine chuchoté
Entre deux lignes courbes, des ellipses dorées
Un contrejour ocrant le fond de mes idées….
Et s’il ne vit qu’un temps, un battement de cœur
Une moirure nacrée, un pétale de fleur
Il reste pur et scintille, doux comme un velours
Même si un vent fou en occulte les jours….