PHEDRIENNE

 

 

Il y a bien  des modes d’expression pour réagir au monde, aux gens, certains le font par des actes militants, un engagement politique, associatif, militaire, humain. D’autres mettent leur patte en rendant compte, en écrivant, en photographiant ; A l‘instar du photographe Yann Artus Bertrand qui a choisi de donner la parole à des milliards d’anonymes sur la planète. L’homme de  peu, du commun, le citoyen lambda est souvent impuissant à agir, à interférer . Spectateur d’un monde dont il ne comprend pas les rouages, il a tendance à s’écarter, à vivre au jour le jour sous le règne du carpe Diem, à ne pas s’interroger. Pourtant, son expérience et son témoignage sont précieux. Pourtant, à côté des évènements fondateurs, de la trame d’un quotidien tissé d’aléas, de petits bonheurs et de petits malheurs, parfois en proie au chaos, il existe aussi une vie profonde, intime, ce qui nous différencie en fait du reste du règne animal. C’est que nous sommes des êtres d’émotions, d’imagination, capables d’anticiper, capables de modeler, de transformer le monde, pas seulement de l’âbimer .Dans toutes les populations du monde, y compris les plus pauvres, les plus primitives, il y a des voix autres qui expriment un patrimoine de la pensée et de l’imaginaire, dessinent les valeurs, les symboles et les mythes d’une histoire qui se serait perdue sinon dans les limbes de la mémoire collective. Partout  ce patrimoine est là qui dresse pour nos yeux des paysages autres, une façon de rendre compte de l’humain qui n’est pas basée que sur une histoire événementielle et qui est tout aussi existante  A côté des cathédrales de pierre il y a si je puis dire des cathédrales de mots. Des romans, des essais, mais surtout des histoires, posées par des jardiniers de mots plus ou moins habiles, ou créatifs. Il y a une polyphonie de mots,  de tons, de couleurs qui rend compte de la diversité et de la richesse de l’homme, aussi de ces petitesses. Chacun à sa manière nous contribuons à cet édifice éphémère et durable. Les griots, les poètes, les conteurs du vent sont porteurs d’une histoire, notre histoire…. , parce que l’humain c’est aussi le verbe, la parole multiple et multilingue qui érige ce kaléidoscope, qui des rives de l’Indus au fond de la banquise marquent cette trace unique qui est la nôtre. Nous faisons partie d’une histoire et le poète, l’écrivain, l’auteur en sont aussi les soldats et les acteurs, à leur manière douce et incisive, aux côtés des autres acteurs du vivant ……


A voir :
http://www.musee-arts-besancon.org/pages.php?idMenu=3&idPage=0&langue=1&idExpo=15

Jeu 8 jan 2009 4 commentaires
Comme toujours tu as su exprimé ce que beaucoup ressentent en espérant que les divergeances d'esprit observées récemment trouvent réponse à leur question... La dernère phrase, enfin la conclusion est vraiment le reflet de la vérité "manière douce et incisive"... A+
death - le 08/01/2009 à 09h02
Bonjour Death Heureuse de t'accueillir sur ces pages. merci pour cette lecture compréhensive de ce qui est avant tout pour moi un appel au respect de la différence et des modes d'être dans un monde multicolore..... Amicalement
Phédrienne - le 08/01/2009 à 09h06
Bonjour Phédrienne Je me souviens d'un album de chansons du regretté Nino Ferrer, décédé tragiquement le 13 août 1998, qui s'intitulait : LA DESABUSION Qui est une contraction et une fusion des mots désabusé et illusion selon son auteur Nino Ferrer. Je crois qu'il traduit très bien l'esprit de tous et toutes aujourd'hui. Il fut un temps ou chacun recherchait un sens à la vie et s'il n'en trouvait pas, il faisait l'effort de lui en donner un. par l'amour du travail bien fait, l'amour du devoir accompli, l'amour de tout, de n'importe quoi, mais l'amour. Les effets de la croissance obligatoire ont remplacés l'amour par le rendement tout est là ! D'ailleurs ça se remarque même au lit. Les hommes s'inquiètent de savoir si ils ont été performants et donc rentablent ! Aujourd'hui, il semble que tout le monde à découvert que la vie n'avait pas de sens et très peu font l'effort de lui en donner un. Parce que le sens de la vie c'est précisément de lui donner un sens, le meilleurs possible parce qu'elle ne pourra avoir que le sens qu'on lui aura donné. En tant qu'être humain comme tu le soulignes fort bien, nous en avons la capacité. Je pense vraiment qu'il faut cesser de croire que nous ne pouvons rien changer parce que notre pouvoir décisionnaire est infime et ne compte guère pour influer sur les puissances de ce monde. Mais sincèrement je me fiche bien de le savoir. Je pense que chacun et chacune à le pouvoir de contribuer au bonheur ou en tout cas au bien être de ses proches et c'est ce qui est important parce que évidemment l'impact se fera sur son environnement social sans aucun doute. Nous avons tous et toutes plus ou moins besoin de la reconnaissance de nos semblables parce que nous pensons exister davantage du fait d'avoir réussi à les interpeler et à faire en sorte que leurs regards se tournent vers nous et qu'enfin leurs lêvres articulent un merci ou un je t'aime à notre intention. Pourtant ça irait encore mieux si nous recherchions en nous-même les preuves de notre existance plutôt que d'en trouver dans le regard des autres. Apprendre à avoir de la valeur pour soi-même, à s'aimer soi-même donc, contribue beaucoup au respect que l'on doit témoigner aux autres et donc à découvrir un peu plus chaque jour que le monde n'est peut-être pas aussi pitoyable qu'il semble l'être. De toute façon il faut cesser d'attendre quelque chose des autres et découvrir le plaisir que l'on a à lui apporter quelque chose, même si c'est peu, sans en attendre rien en retour. Certes ce n'est pas aussi simple que de le dire, pourtant c'est ainsi qu'il faudrait que nous soyons. Mais curieusement il semble que tout en ce monde contribue à détourner l'attention que l'on devrait avoir avec soi-même, c'est comme si là dehors il y avait en permanence "quelque chose" qui nous prend la tête pour orienter notre attention partout ailleurs plutôt que vers nous-mêmes ? Ce que je dis ressemble à de l'égocentrisme certes celà en est mais ne sommes nous pas chacun et chacune le centre du monde ? Lorsque nous le percevons avec chacun de nos sens, ce n'est pas le voisin qui le perçoit à notre place mais bien nous-même alors que signifie vraiment cette mise à l'index de l'égocentrisme si ce n'est qu'une façon de plus de nous détourner de nous-mêmes afin que l'on se perde dans le décors !? Je suis d'accord sur le fait qu'à un moment de notre parcours terrestre il faut arrêter de se regarder le nombril, mais il faudrait quand-même commencer par ça et beaucoup n'ont pas eu le temps de le faire convenablement et c'est ce qui fait qu'ils se conduisent comme des égarés des désœuvrés qui n'ont même pas la possibilité d'utiliser "une carte et une boussole" pour retrouver le chemin qui les conduirait vers eux-mêmes !
Artsmoonika - le 10/01/2009 à 17h14
Bonsoir Artsmoonikaa Analyse pertinente et très complète comme toujours ; tes mots appellent deux niveaux de réflexion, je crois. L’être humain existe me semble t’il de deux façons. Dans le regard où il se reflète en premier lieu ; Lz moteur profond de nos apprentissages de petits d’hommes est d’abord l’imitation, le miroir, quelles que soient nos capacités nous avons besoin d’un terreau pour grandir et d’un bras pour nous ouvrir des portes ; Plus que d’une reconnaissance, d’un besoin d’amour, existe ce besoin inaltérable d’altérité. Un des revers est le besoin terrifiant que ce reflet, ce regard soit gratifiant, qu’il accepte, d’où cette tendance si humaine à se conformer, à s’identifier, à se glisser dans la masse. Son corollaire est sans doute la peur terrible de notre condition vraie, qui est une forme de solitude absolue. Construits par et dans l’échange, la communication, nous sommes confrontés à une parole et à des actes tronqués, à une forme d’inintelligibilité de l’autre et de nous-mêmes. Puis, existe aussi la peur de ce que nous ne savons pas de nous ; plonger dans son moi profond est une descente abyssale, vertigineuse, très belle et au combien, dangereuse ; Avoir connaissance ; prendre conscience de ce que l’on est et de ses limites peut être un moteur ou un frein ; beaucoup ne s’y risquent donc pas, préférent rester à la surface de tout plutôt que d’oser …. S’aimer soi même ; honnêtement je ne sais pas si c’est possible pour tous ; Il m ‘a été difficile d’apprendre à ne pas me détester pour être honnête, ça m’a pris beaucoup de temps !je dirais plutôt qu’il faut aimer être et faire en dépit et au-delà de tout ; Qu’il faut vouloir, et donner au dela de tout avec sincérité, entiéreté, montrer ce qu’on a dans le ventre en acceptant que cela ne soit pas pris pas compris…. Savoir aussi que peut être le chemin que tu cites est un chemin commun, aller a la rencontre de soi même impliquant la même mise a nu, les mêmes risques que d’aller a le rencontre des autres. Cela n’est pas forcément antinomique je crois, complémentaire sans doute, tout en ayant conscience que, de même que notre oiel n’arrive pas à capter notre image entière dans un miroir, de même une partie de notre moi nous reste inaccessible…..un moins , peut être un plus, qui sait ? Amicalement à toi en te remerciant pour ta contribution
phédrienne - le 10/01/2009 à 20h38