PHEDRIENNE
Résonnent dans ma mémoire, chauds,
Ces instants de vieux grimoires, beaux…
J’étais seule en ces temps enchantés
Lisant sous la tente de draps,
Jusqu’à ce que l’aube vienne,
Et les pas dérangeants de ma mère.
Nul monde n’avait pour moi
Cette odeur si prégnante,
Pierres grises des châteaux,
Forêts magique de Brocéliande,
Et la longue plainte d’Heathcliff,
Sur l’aire désolée des landes,
Puis le chant somptueux des vers,
D’Appolinaire ou bien d’Eluard,
Les longues grâces d’un Verlaine,
La mélancolie d’un René Char,
Parfois,
Comme une fleur nouvelle,
Je voudrais refleurir au soir,
Cachée dans mes draps vermeille,
Partir en ces terres d’histoires,
L’esprit vierge de toute mémoire ,
Et retrouver comme un enfant,
Ces robinsons de papier blanc…..