PHEDRIENNE

 

Découverte dans les rues du vieux Saint Jean à Lyon, une galerie chinoise qui m’a fait rêver ; Il s’y trouve des estampes raffinées, des tableaux paysagers somptueux illustrant les notions chinoises de vide et de plein, si particulières et éloignées de notre conception du monde et toute la panoplie d’objets et de matériaux permettant de s’initier à la peinture et à la calligraphie ; Notamment de somptueuses rames de papier de riz, en provenance directe de ces lointains horizons. Le dépaysement est total et l’accueil courtois et érudit. Le maitre des lieux connait son monde et est intarissable sur le sujet.

Cette incursion en Asie par la porte des arts m’a amenée à un constat. Si nous possédons aujourd’hui une imprégnation très large, sans toutefois la comprendre de la culture ancienne, multi millénaire de la Chine, aucune porte ne nous est ouverte sur ses artistes d’aujourd’hui ; dans notre esprit, le mot Chine, en dehors des clichés de mandarinage et de muraille, renvoie immédiatement aux estampes classiques dont l’inspiration est si multiple, un enchantement en peinture animalière notamment, aux vases bleus vernissés, aux idéogrammes. Mais ce que cela a nourri, suscité, engendré en termes novateurs dans les générations d’aujourd’hui ne passe pas nos frontières ; ce n’est peut être pas seulement dû à une volonté du pays lui-même de faire barrage, mais peut-être à l’opacité de nos esprits, toujours plus prompts à encenser un art reconnu qu’à faire place nette pour des visions neuves; or, les merveilles entrevues hier m’ont rendue curieuse de  voir et de savoir ce que la jeunesse artiste de ces contrées a su tirer des traditions et des techniques anciennes pour donner sur elles, justement, cet autre regard… 

 

 A voir : www.claireye.Com

27 rue du bœuf

69002 Lyon

 

Pour en savoir plus :  Les Estampes chinoises : Invention d'une image (Broché)

de Christophe Comentale (Auteur)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Estampe

 

 

 

Sam 22 nov 2008 2 commentaires
Personnellement ce que j'aime dans ces oeuvres, surtout de source chinoise, c'est la singuliarité des traits. Il y a une finesse de traits incomparable à l'Europe. Même les couleurs sont différentes. Après ta main au Louvre, je reste sur cette ligne qui démontre, dépeint la vie sous des angles de jouissances d'esprit et de calme, là ou nos contemporain démontre Dieu et le sacrifice. C'est un parti pris (certes) mais la nature et moi ne sommes qu'une seule et même identité. Un peu comme les marins...
JMD - le 24/11/2008 à 11h30
Je prends et comprends cette analyse dont je partage le sens sur un plan de philosophie de la vie, très différente en effet en Asie. Mais il ne faut pas rester non plus sur une vision ancienne de la peinture occidentale ; Par delà les murs du Louvre où nous avons erré ensemble, il y a un monde contemporain, multiple, foisonnant où irradient les couleurs, les matières, une sensualisme, un monde où entre l’huile, la gouache, le pastel ,l’aquarelle vivent en filigrane de multiples visions créatives débarrassées du poids ancien …….c’est pourquoi le voyage dans ces sphères est infini, et je crois que , dans une sensibilité ouverte sur la nature, toutes ces cultures peuvent se rejoindre pour remplir un océan….
Phedrienne - le 24/11/2008 à 11h39