PHEDRIENNE
Quand, dans la nuit, je m'abandonne à d'obscures mains de désir
que les rêves m'apportent comme pour me punir,
où est-il?
Naufragé d'une vie volontaire et absoute, vers quels rivages autres
emporte-t'il ses pas,
dans quels bras liants ouble - t'il ma loi?
Moi, je le crie!
J'ai dessiné pour lui mille châteaux de rêves
j'ai caressé sa peau de mille sortilèges,
et je suis libre!
J'ai délivré mes bras de toutes allégeances,
j'ai libéré ma voix de toutes les souffrances
pour lui confier mon chant le plus intime,
le vit-il?
Je crois en la douceur d'un amour infini,
qui n 'a d'autre saveur que l'odeur de ses nuits,
quand je ferme ma bouche sur ses silences nus,
le sait-il?
Et je crierai son nom pour affirmer ma foi
en un amour unique dessiné à ma voix,
en appelant mon autre dans le creux de mes bras,
où est-il?