PHEDRIENNE
Tu me regardes et je prends l'iris doux de ton oeil,
le cristal, le diamant, l'île belle sans écueils
ta vision tout autre de moi
toi qui vois tout, même l'invisible
qui entends tout, même l'indicible
toi qui devines à travers moi
la femme que je ne connais pas,
dans tes bras d'innocence, je revis et je crois ,
à la blancheur d'un monde où le mal n'est plus,
je suis vierge de tout et je renais à toi,
à ces regards d'eau pure que tu poses sur moi.
Tu me regardes, et moi lentement je me devêts,
regarde, je pose tout à tes pieds, à tes mains,
l'offrande de mes mots, la joliesse d'un corps,
l'eau vive et brûlante de mon âme assoiffée,
la douceur éperdue des tendresses cachées,
les rêves, la folie, les mains noires, le mal,
toutes les fleurs écloses de mon passé,
je suis nue à ton oeil, devêtue plus encore
à la clarté farouche de ton esprit d'éveil
je me pose à l'empan grand ouvert de tes ailes
et m'offre au faisceau clair de ton iris d'or....
Regarde-moi et plus encore......