PHEDRIENNE

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Petite, je parlais à des bouquets de fleurs
tendues dans le silence d'une brise d'été,

elles avaient le pouvoir de leurs têtes inclinées

qui n'abdiquaient jamais sous le vent et la pluie,

et moi, je regardais ces humains, souvent gris

que la vie couchait comme des fétus de paille

et je ne voulais pas y croire,

Moi, je n'ai pas grandi, dans mon âme, tapie

ce petit coin d'enfance est à jamais assis,

ce regard immobile ardent et qui attend

que s élève le chant des coeurs,

cette confiance des enfants

qui attendent, debout que le monde se donne

et puis, j'ai dans la poitrine un caillou,

un noyau dur qui pèse et me dit

que je suis vivante jusque dans ma douleur,

que je crie jusque dans les couleurs

apportées par mes images et mes mots,

moi qui ne voulais que la pourpre et que l'or

et puis le blanc vierge de tout,

moi qui ouvre mon âme à toutes les saveurs

et ne sait plus fermer mes sens

en proie à toutes les faims du monde,

à jamais ,la vie me donne le vertige,

assise sur ce fil tendu sur les absences,

assise sur ce fil rompu par les silences,

je n'ai pas d'oraison autre

que le chant de mon coeur......

 

 

 

 

 

 

Mer 5 déc 2007 4 commentaires
Toujours cet élan, ce regard vers l'enfance, la tienne. Toujours cette ardeur qui me réjouit. Ah que j'aime ceux qui brûlent, même si ça fait mal, même si ça fait peur... "Murmure des anges ou balbutiement d'Orphée ? Cela nous vient à la fois infiniment proche, infiniment étranger à cet immense qui nous habite..."
agnès - le 13/12/2007 à 12h55
Merci pour ces mots Agnes, peu de gens avancent sans crainte de se brûler les doigts.....et surtout le coeur! essence commune qui nous habite simplment, toi et moi.....
phedrienne - le 13/12/2007 à 13h30
La subtile poussée, l'éveil de la sensibilité comme une fleur de jeunesse, est une des sources les plus vives dans le paysage de notre existence. Une référence majeure à laquelle il peut être merveilleux et terrible à la fois que de s'y ressourcer. « Tendue dans le silence » esquisse à quel point cette source existe toujours, entretenue naturellement, je suppose, par le simple fait qu'elle est un réconfort face à l'adversité, l'épreuve, mais aussi et surtout parce-qu'elle demeure la plus limpide pour l'expression … la matrice.
Avec ses deux derniers vers, le poème restitue l'essentiel de sa teneur : une oraison du cœur. Le regard porté sur l'enfance est très émouvant, ce détachant de la deuxième partie du poème consacrée aux sentiments présents. L'ensemble du texte est composé de vers merveilleusement rythmés, à la rime naturellement musicale. « Tendue dans le silence » me rappelle à cette prime jeunesse extraordinaire qu'il m'a été donné de vivre. J'aime cette composition.
Edutilos - le 01/06/2011 à 12h37
Bonjour Edutilos
Je suis très touchée de l'attention portée à ce texte et de la lecture attentive et très sensible que tu en fais...il est si rare que les gens ne s'arrêtent pas à la simple musicalité des mots, à l'émotion première pour prendre le temps de goûter et de sentir, de chercher le sens profond de ce qui est donné. La jeunesse est une période d'envol et de choses merveilleuses et terribles, intenses jusqu'à l'aigu, sincères! Ce sens du terriblement merveilleux est resté ancré en moi comme un deuxième coeur, dont j'espère qu'il sait faire entendre sa voix pleine de sourires et de pleurs....:)
Phédrienne - le 01/06/2011 à 17h27