Plume de sucre, plume de sel !

 

Des mots à croquer, à sucer et à laisser fondre, des mots qui piquent un peu, la plume hérisse, gratouille, chatouille et glisse....et des photographies ....jeu de langage polymorphe, sage ou déjanté, entre images et apostrophes...

 

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Si je devais baptiser ma démarche d'un mot, d'un geste, je prendrais la passion comme un drapeau et la parole comme un miroir. Pour construire avec vous un dialogue différent, passant par le truchement d'un langage autre. Je suis auteur et poète, photographe et passionnée, professionnelle de la communication, en recherche constante de mots, de sens, d'arts.


Ce Blog est un espace libre, dédié à toutes les formes de langage, transversal à toutes les disciplines, à tous les arts.

Merci de le faire vivre et de l'enrichir....par vos commentaires et impressions ! 
 

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Photos et textes - Copyright Colette Fournier

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Vu dans une exposition de magnifiques objets de verre soufflés aux couleurs magiques.

Entendu et pris aussi le langage abouti et affirmé d'un artisan en pleine possession de son art et en recherche majeure d'un ailleurs, non pas d'un progrès, d'un toujours mieux, mais de quelque chose de nouveau et de porteur pour lui; Désireux plus que tout de rester en éveil, en recherche d'une nouvelle façon de travailler son art et aussi de le coupler à d'autres techniques, de le marier à d'autres horizons, d'autres savoirs. Cette démarche fondamentale m'interpelle par sa sincérité et son intégrité et par le mariage magique qu'elle opère entre toutes les façons que l'être humain a d'inventer ou de recréer la beauté du monde.

ETRE EMERVEILLEE M'EMERVEILLE!


C'est ainsi que j'aimerais pouvoir concevoir le monde des arts; Une passerelle, une transversalité à tout, unissant dans un même élan démiurgique musique, plasticité, couleurs, minéraux, essences, végétaux, parfums, un tout harmonique et qui formerait à mes yeux une façon majeure de vivre le monde dans une pluralité des sens...............un horizon infini...

 

 

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Amour des livres, pages démentes, qui ont marqué mon âme de tant de bruits,est-ce donc que les mots sont des armes fatales, qui sèment le chaos et bousculent les nuits?

Je sais de vous pourtant les odeurs végétales, le poison d'encre doux à mes doigts languissants,

je sais le sens épaix, violent de ces vocables, fruits tentants, doux pétales à mon esprit tremblant,

livres que j'ai cornés, âbimés et jetés, griffés de mes ratures, soulignés de mes larmes,

et qui m'ont habiteé de tant de rêves palpables, et donnés à l'envi à qui voulait entendre.........

livres de mes veillées, de mes planètes Mars, de mes plages drapées de solitudes éparses,

livres dont je caresse la tranche et les dorures, livres que j'aime ornés de toutes les parures......

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Elle me semblait si familière cette main, posée parfois une heure entière comme une feuille abandonnée, sur une jambe délaissée, et puis, prenant son envol pour dessiner des arabesques qui soulignent une note plus haute dans un mot donné à l'autre, une réflexion, une stance, une musique de la voix, lorsqu'elle cherche à percer le coeur, à atteindre cet endroit secret et intime de l'autre, là où ça touche, là où ça pleure, la ou ça sourit de douceur, où c'est ému;

Lorsque la main s'élève pour aller à la rencontre d'un visage aimé et dessiner du bout des doigts cet ovale qui vous prend le coeur, cette rondeur au bout des ongles, cette densité de la chair, ce crémeux doux qui vous soulève d'amour et qu'on reconnaitrait meme si on était aveugle, meme s'il ne restait plus que ce sens, le toucher.......

Ces doigts qui s'aggripent aux épaules et puis aussi ces doigts qui prennent un outil, une plume, un crayon et qui tout à coup comme deux êtres devenus libres, se saisissent du monde et vous livrent en une esquisse, en griffures nues sur un papier, en matière brute transformée, un autre monde, une autre terre, un univers décalé où plus rien n'est jamais pareil, un autre souffle qui n'est qu'à vous et qu'on peut livrer sans barrières à l'oeil de l'autre qui est là et qui attend ce don.

Une peinture, une statue, un objet né vivant de ces doigts, démiurges humbles et beaux, ce poème vivant qu'est toute oeuvre crée, donnée; Et puis, ces mains comme deux oiseaux aimants qui s'aventurent et qui frissonnent, sur un corps planète où pourtant tout est inconnu et résonne, à la chaleur d'une caresse, à la soie posée par la peau, parce que si les mots deviennent inutiles, si parfois le regard n'atteint pas le creux de l'âme qu'on veut prendre, alors les mains sont ce langage que l'amour sublime et compose, qu'on reconnaît à fleur de peau et quand enfin le corps marqué par ces mains uniques de l'être aimé, sent ce baptême, cette eau vive, il ne peut plus jamais entendre une autre voix, une autre source, il en est comme tatoué, marqué de ce langage de chair , qui semble éphémère et frivole, où tout pourtant, est incarné..................

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masque.jpg Rimbaud disait « je est un autre » posant en cela sans le savoir, avec son talent lumineux et fou, l'interrogation majeure de la psychanalyse sur l'être humain. Pourtant, il avait tort le poète aux semelles de vent. Je n'est pas un autre, je est des milliers d'individus se succédant par couches successives dans une seule histoire, Certains ont peu de peaux, peu de costumes de rechange; D'autres sont des caméléons, apposant sur leurs traits une suite de masques rieurs, tristes, affairés, selon la necessité du moment, acteurs chevronnés de leur propre vie, manipulateurs aussi des émotions et de la vie d'autrui, Puis il y a ceux comme moi, qui ne savent pas pourquoi ils changent, ni ce qu'ils sont. Je sais aujourd'hui que ça importe peu, que ça ne change rien, je suis dans tous ces « je » que je ne saisis pas toujours...mais cela m'égare un peu, beaucoup!

 

  

Qui se cache derrière le masque?



La plupart des gens d'ailleurs ne le savent pas , ni ce qu'ils peuvent être, l'homme est en devenir permanent et en refus permanent de ce devenir, pourquoi?

Si je regarde le scénario distordu et complexe de ma vie, je sais et sent que en dépit de toute ma volonté tendue depuis toujours vers un désir de sincérité, de véracité de ma vie, j'ai joué des rôles attendus, autorisés, agrées socialement, a-t'on le choix? Ceux qui font un choix autre sont condamnés à la folie, à la déshérence mentale; les gens qui dorment dans la rue sont à plaindre parce que c'est avant tout leur âme qui erre, ne pouvant s'ancrer à rien, refusant les hâvres convenus qui sécurisent les autres; C'est devant ça qu'on tourne la tête avec écoeurement, nous, les nantis et les policés, cette insupportable douleur qui nous pète à la gueule et nous renvoie à notre propre effroi, aux questions qu'on ne veut surtout pas se poser sur soi.

Et moi, aujourd'hui, je sens et comprends cet appel de la rue comme jamais, ne pouvant plus me retrouver dans un acte de ma vie sans me demander s'il a un sens, s'il a une cohérence, si ce que je vis m'appartient et est ce que je souhaite véritablement; Si ce que je vis est vrai!

je suis un être sans racines, malgré tous ces efforts opérés, poursuivis depuis des années, rien n'a enraciné mon coeur, rine ne m'a construite complètement, c'est ce que je vois depuis plusieurs mois maintenant; Pas même mes enfants! Quelque part, jusque dans cet amour là, j'ai été factice, fragmentée, j'ai été un moi illusoire, sinon, je n'aurais pu les quitter, c'est une évidence. Ma force vient de ce manque là, moi, je n'ai rien à briser, moi, je n'ai rien à perdre, je suis perdue d'office si je puis dire, je suis une plume balayée au vent.

Et cet amour, cet amour qui est venu tendre une corde, la corde manquante, le fil qui n'était pas, lestant tout à coup cet être puissant et volatile, le faisant redescendre sur la terre, atterrir dans un tsunami de sentiments, cet amour, puissant, dévastateur, fondateur, qui a construit et déconstruit sans cesse, imposant un film détourné et fou d'un château sans cesse reconstruit, sans cesse détruit, dans une spirale, est-il vrai, est-il là? Est-ce qu'il n'a pas été le plus beau de mes rêves?

C'est ça qui me donne le vertige, cette sensation parfois de n'être à la terre que dans mes mots, de voir autour de moi tant de fantômes occupés à bâtir une histoire vide, creuse, répétitive, sans fondement autre qu'une continuité biologique, le lignage humain, la transmision génétique d'un silence, d'une vacuité intellectuelle, d'une incapacité à être autre chose qu'un animal intelligent, dressé depuis l'enfance à se comporter comme, à se conformer à.

Ma famille à moi, c'est le monde. Multiple, foisonnant, tous les êtres à égalité de sens et de partage, ceux qui n'ont pas mon sang mais qui ont les mêmes veines que moi, ceux qui ont la même faim issue de cete absence là, l'absence d'un sens, d'une clef de la vie; C'est pour ça que je suis libre comme personne ne l'est peut-être autour de moi, et seule, il ne peut en être autrement, sans entrave morale désormais, juste liée par des fils de coeur à une vie qui n'est pas la mienne et ne le sera jamais. C'est ça, être écrivain, c'est ça être poète, savoir que rien n'est là, que tout est à chercher toujours. C'est pour ça que je ne vieillis pas; les enfants savent cette vérité là, savent ce qui est important, le jeu, la découverte, l'imaginaire et pas ce que les adultes leur demandent. Pas la matérialité lourde et non fondée, tout ce qu'on met autour de nous, tout ce dont on s'entoure pour ne pas voir le vide. Moi, le plein c'est dans ma tête qu'il se bâtit et se défait et renait toujours différent; Le plein essentiel, celui de l'esprit et du corps rassasié d'un bonheur vrai, toujours à faire renaître de tout. Le bonheur de savoir prendre la beauté et la souffrance d'un monde où il faut non pas chercher un sens , mais l'inscrire par ce qu'on est, nu, fragile, exposé, humble, royal, soi..............

 

La vie !

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