Poésies

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Regarde cet homme à la tête inclinée

On croirait qu'il dort,

Mais je sais qu'il ne repose pas.

Il a, dans sa main tendue,

Ses rêves crevés,offerts, lapidés,

Sa brisure d'âme et de rêve,

Et un morceau de son coeur.

Regarde, son visage qui appelle

A la douceur d'une épaule

Sur laquelle se poser,

Ce corps qui se replie sur des douleurs,

Cette tension interne et profonde des muscles,

Les épaules tirées par l'effort fait pour rester debout,

Ne pas suivre la pente du corps

Ce geste qui dérive vers le sol,

Et qui se meurt d'impuissance

Majestueux guerrier de l'âme fatigué

Qui ne veut pas plier le genou,

Et qui sous ses paupières closes,


Garde la majesté des rois.

Ceux qui ne perdent jamais

Leur ultime combat...



 
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L'incarnat doux de la chair se hérisse

comme un vivant, vibrant calice

aux doigts qui, lentement dessinent

sur le corps, sensuellement, une ligne.

 

Vertige noir des dentelles,

révélant la blancheur et la soie,

foisonnements frissonnants des sens,

le désir est musique en soi.

 

Je sais la densité des corps,

chair en mouvance partagée,

ballet animal et racé,

orage des âmes en éveil.

 

Je sais la pâmoison ocrée

le frémissement fou en soi

l'appel des univers soufrés

à la couleur pourpre et grenat

  

C'est ici que je veux poser

ce manifeste du désir

cette faim authentiques et criée

signant en moi et à jamais,

 

ce qui fait de moi une femme,

toute de désir habillée

depuis mon corps jusqu'à mon âme

vertige des sens où je m'incarne.....

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Je n'aime pas les dimanches et leur temps suspendu

ces heures lentes passées à la couleur d'ennui

ces vitrines qui baillent à devanture fermée

et ces passants qui passent sans jamais regarder

 

Je suis comme les chats qui tôt matin levé

viennent muser au vent des aubes qui se lèvent

prendre la vie courant à fleur de pavés

impatients de chasser les images des rêves

 

 

je n'aime pas les Dimanche à relents de gâteaux

de familles assemblées en ripailles massives

de promenades obligées frileuses sous les manteaux

de temps donné au temps volatile et morose

 

Je rêverai d'un temps qui n'aurait pas de nom

où la nuit sans parler remplacerait le jour

où pieds nus dans la neige on se ferait l'amour

aux heures nées et à naitre juste comme on le veut....

 

 

 

 

 

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Petite, je parlais à des bouquets de fleurs
tendues dans le silence d'une brise d'été,

elles avaient le pouvoir de leurs têtes inclinées

qui n'abdiquaient jamais sous le vent et la pluie,

et moi, je regardais ces humains, souvent gris

que la vie couchait comme des fétus de paille

et je ne voulais pas y croire,

Moi, je n'ai pas grandi, dans mon âme, tapie

ce petit coin d'enfance est à jamais assis,

ce regard immobile ardent et qui attend

que s élève le chant des coeurs,

cette confiance des enfants

qui attendent, debout que le monde se donne

et puis, j'ai dans la poitrine un caillou,

un noyau dur qui pèse et me dit

que je suis vivante jusque dans ma douleur,

que je crie jusque dans les couleurs

apportées par mes images et mes mots,

moi qui ne voulais que la pourpre et que l'or

et puis le blanc vierge de tout,

moi qui ouvre mon âme à toutes les saveurs

et ne sait plus fermer mes sens

en proie à toutes les faims du monde,

à jamais ,la vie me donne le vertige,

assise sur ce fil tendu sur les absences,

assise sur ce fil rompu par les silences,

je n'ai pas d'oraison autre

que le chant de mon coeur......

 

 

 

 

 

 

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Elle a grandi en toi comme un serpent morose,

s'est faufilée dans les plus petits recoins,

a lêché de sa langue perfide,sinueuse et longue

tout ce qui avait encore un relent de parfum,

j'ai beau tressé, habile, de mes doigts éperdus,

mille tresses d'amour par mes mots soustendues,

elle est plus forte que moi.....

 

Tu aurais pu avoir pour maitresse des femmes

au charme langoureux, aux éphèmeres appâts,

j'aurais pu de leurs langues défaire le verbe tiède,

opposer à leur faim ma pureté pour toi,

mais, devant sa faconde et les liens si serrés

dont elle enserre ton âme, je ne peux que trembler,

je n'ai que mon amour de toi...

 

Pourtant je sais délier de mes promesses douces

les coeurs enchâssés dans les horizons noirs,

et couvrir de mes mains les visages farouches

pour délivrer les mots, les plaintes et les pleurs

briser sur les récifs durs des rêves morts,

les noeuds tortueux et lourds que pose la douleur

je sais cela....

 

Alors, cette maîtresse aux mille visages ingrats,

j'en détruirais le coeur en cent mille éclats,

et s'il faut pour cela en sucer le poison

jusqu'à en recevoir de mortels frissons

pour toi je le ferais, je me battrais pour toi

avec pour seule arme des guirlandes de mots

rien que pour toi....

 

 

 

 

 

 

 

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