On me reproche souvent d’être trop sensible, trop réfléchie, trop émotive, trop originale, trop décalée. TROP ! Comme un leitmotiv, ce mot a d’ailleurs toujours accompagné mes pas dans la vie, tout au long des jours. TROP ! Il faut faire attention à ces images posées sur vous et qui ne sont jamais innocentes, même proférées avec le sourire. TROP ! Il ne faut pas vous y tromper, elles signalent chez vos interlocuteurs une forme.....d’indigestion… D’ailleurs, les qualificatifs qui accompagnent ces jugements portés sont signifiants : Etes-vous très sensible, vous êtes une « écorchée vive », froide et maître de vous-même, vous êtes « équilibrée », etc. Et donc, ce que vous interpellez chez autrui ne le met pas en danger, ne le bouscule pas….ce qui n’est pas le cas quand vous êtes dans ce TROP.
C’est un peu comme si un être humain devait correspondre à une forme d’architecture intérieure normée…..de l’espace mais pas trop, de la lumière, mais tamisée, un aménagement astucieux entre le dedans et le dehors, ouvert et fermé, tout est une question d’équilibre, et moi je ne dois pas correspondre à ce niveau là à un bel immeuble haussmannien élégant et austère, mais plutôt à une vision décalée et daliniesque entre le trop vide et le trop plein ! Où un truc bizarroïde à la Gaudi !
Quel est le problème me direz-vous, vous qui lirez ces élucubrations en vous demandant autour de quel pot bizarrement fichu je tourne…. ?
Le problème est ce que l’on donne de soi, et qui est en rapport étroit avec ce trop…..trop généreuse, trop ouverte, trop bavarde, trop, TROP ! Encore ? Encore ! Avez-vous remarqué que, devant celui qui économise son sourire, ses mots, son affect et son argent, on pince un peu les lèvres, on ne se sent pas à l’aise. Mais on reste en pays connu, tranquille. Mais, à contrario, devant la générosité d’être et d’âme de ceux qui, dans la sincérité simple de ce qu’ils sont, ne retiennent pas leurs élans, on se sent envahis, recouverts, littéralement gavés, comme devant les débordements trop affectueux d’un chien ! Et qu’on repousse alors avec cette forme de condescendance amusée……TROP !
Cela ne vous étonnera pas, j’ai un faible, moi, pour les gens qui ont ce TROP ! Trop qui les a amenés souvent à produire ces extraterrestres fantaisies que sont les œuvres musicales, les poésies, les peintures éclaboussées de couleur, tout ce qui ne sert à rien !!!!!!!!!!! Trop qui a évacué des cerveaux ces traits de génie qui ont illuminé le savoir, posé à l’aube des humains ce petit quelque chose qui empêche de désespérer du quotidien…..trop qui a nourri quelques gestes fous, épopées de notre histoire, de nos mythes, parfois pour le pire, souvent pour le meilleur…..stop ! Voilà que je recommence, je vais être….trop lyrique, trop longue, etc !!!!!!!!!!!!!!
Que voulez-vous, on ne se refait pas……..
PS : la photo exposée ici est en étroit rapport avec ce trop puisque, vous l'aurez noté, elle est
surexposée, j'ai absolument voulu et cherché ce TROP de lumière !
A VOUS LA PAROLE