Le septième continent. Cela pourrait être le titre magnifique et porteur de rêve d’un roman d’anticipation ou d’Héroic  fantasy. Comme je le voudrais ! Ainsi les pas de l’homme, rétrécis au regard des découvertes et explorations qui ont réduit son périmètre d’imaginaire, pourraient se lancer à l’assaut d’un nouveau monde, et sur les pas d’un London, d’un Kerouac, d’un Livingston, ressusciter la magie des voyages aux confins du monde.

Mais hélas, cette appellation couvre une réalité autre, soulignée en mots simples par Emmanuel Hussenet dans un livre superbe sur lequel je reviendrais , le testament des glaces où ce fol amoureux des pôles crie son amour et aussi son chagrin. Je vous invite donc à lire ce passage extrait de son œuvre et qui, mieux que mes mots, vous donnera ce sens :

« Quels terrains inédits le 21 ° siècle est-il en train de nous fabriquer ? Tandis que l’océan gelé disparait, ce blanc plateau, presqu’une île, cette peau de glace hier encore si périlleuse à caresser, un autre continent se forme, plus au sud, entre le Japon et les côtes américaines. Une invention des hommes qui surpasse l’imagination sans doute trop conventionnelle de la nature : on l’appelle déjà le septième continent. Il n’a que 6 fois la taille de la France, mais devrait encore grandir : d’ici 2030, sa superficie pourrait être multipliée par 10 ! En 2030, quand l’océan glacial arctique aura fondu,  un continent  aussi vaste que lui aura donc émergé au nord du continent américain, un continent d’ordures. Dans cette zone océanique, les courants circulaires entretiennent la spirale d’un gigantesque vortex qui happe les déchets flottants et les concentre. Retenus par la fore centripète, les matières non biodégradables s’accumulent….tout ce qui pendant un siècle a été amené par les fleuves, emporté par les ouragans ou jeté par-dessus bord en bouteilles, poches et emballages en plastique, en récipients divers, en articles de plage, résidus industriels, morceaux de bateaux, filets, flotteurs, pots bacs et cuves en PVC, canettes, briques alimentaires et saletés en tous genres, mémoire de notre consumérisme  sans mémoire, de notre légèreté à prendre et à jeter sans questionner se retrouve là ! Le tourbillon de détritus atteint en son centre 30 mètres d’épaisseur, soit 6 tonnes de matières indésirables pour une tonne de plancton. La zone concernée se trouvant à l’écart des routes maritimes, elle passe étonnamment inaperçue. Et pourtant : plus d e3 millions de tonnes de déchets par kilomètre carré d’océan ! Bientôt, Il se pourrait même qu’on, puisse marcher dessus….

Emmanuel Hussenet  - Le testament des Glaces Editions Transboréal

 

 

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Carnet de lecture
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