La vertu du voyage réside dans cette faculté qu’il restaure. Par quel miracle, sortis du carcan de la routine, et, il faut malheureusement en convenir, de l’indifférence, nous intéressons-nous, sitôt que nous sommes en route, au boulanger qui cuit le pain, au paysan qui sème, à la moindre personne rencontrée. Et quelle aubaine que ce que notre disponibilité d’esprit, revivifiée par la marche, nous permet de comprendre du monde et de nos semblables ! Il ne marche pas celui que l’amour ne porte pas, il déambule et fuit.
Marcheur infatigable, Emeric Fisset nous livre un petit essai ludique, réfléchi et pertinent sur le vagabondage pédestre érigé comme art de vivre.
L’ivresse de la marche, petit manifeste en faveur de la marche à pied, restitue la dimension spirituelle, simple, et naturelle de l’homme qui, partant à la découverte du monde, part aussi à la rencontre de lui-même, et, loin de fuir la civilisation humaine, se la réapproprie autrement. Loin des projets médiatiques, des exploits chimériques qui traduisent surtout une vanité, une vacuité et une forme de déshérence de gens en perte de valeurs et d’eux-mêmes, Emeric prône le plaisir simple de marcher dépouillé des attributs de la société, GPS, portable et autre quincaillerie, de se livrer aux aléas de la route, de la météo, de retrouver ces peurs primitives de l’incertain, du non prévu, pour mieux goûter à la vie dans sa quintessence.
Un petit livre à méditer…..en
marchant !
Emeric Fisset - L'ivresse de la marche. Editions Transboréal
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