Sur les conseils d’une amie coach, je lis activement en ce moment, « Trop intelligent pour être heureux ?» de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin, concernant les adultes surdoués et non détectés. Rassurez-vous, je ne me retrouve pas dans le pré diagnostic, souffrant moi plutôt de ne pas avoir assez d’intellect à mon gré !

Mais ce qui a retenu mon attention dans ce livre est qu’elle y désamorce bon nombre d’idées reçues sur la définition de l’intelligence, et apporte donc un champ ouvert à la compréhension et contre les stéréotypes.

Comme beaucoup de ses pairs, elle souligne la plasticité aujourd’hui reconnue du cerveau, lequel ne s’étiole pas au fil des ans mais garde intacte la capacité de connecter et de produire de nouveaux neurones quasi à l’infini pour peu que l’on s’intéresse et que l’on soit curieux, réfléchi, ce qui est avant tout une question de volition. Elle y rapporte aussi le fait que notre cerveau est actif à 100 % de son potentiel, mais que 10 % environ sont « suractivés "sur le moment, lorsqu’on nous nous attelons à une tâche particulière, le reste de la machinerie fonctionnant en souterrain, mais sans arrêt. On est bien loin du postulat d’un homme ne sachant pas se servir de sa tête par ignorance !

Enfin,  elle  apporte un éclairage éblouissant sur une donnée toujours absente des livres de Qi et autres blablateries sur l’intelligence en y introduisant la dimension affective et sentimentale. Non, l’homme intelligent et le surdoué ne sont pas des intellectuels froids, rancis, non émotionnels. C’est justement le contraire ! L’acuité de leur esprit repose sur une hypersensibilité, une hyper émotivité qui les rend aiguisés à tout, là où l’homme du commun passe son chemin, se cantonne ! Loin de l’amoindrir, ce soubassement est essentiel et favorise des idées, l’accomplissement d’un chemin, et devrait permettre aussi un certain accès au bonheur, si et justement si ces gens ne se voyaient pas constamment caricaturés, incompris, niés, voire moqués. Et étaient aimés pour ce qu'ils sont ! Non pour ce qu'on voudrait qu'ils soient !

Voilà qui  a de quoi faire réfléchir, justement, mais qui a de quoi réjouir ! Nous sommes aux antipodes de la vision d’un homme machine, car le facteur justement aléatoire de cet affect, comparé à la rigueur d’un ordinateur, est ce qui donne l’imaginaire, la créativité, qu’aucun appareil même archi dopé ne pourra atteindre.

L’homme intelligent, mais aussi sensoriel et affectif, voilà un domaine dans lequel je veux bien être qualifiée de surdouée, moi, ou y atteindre, et je persiste et je signe !!!!


Trop intelligent pour  être heureux ? L'adulte surdoué
Jeanne Siaud-Facchin Editions Odile Jacob

Publié dans : Carnet de lecture
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