Un couple d’amoureux promène

En laisse un lapin noir,

Pendant que je cours après,

Une forme d’espoir.

Parc de la Feyssine,

Les corps nus se déploient,

Sur les cailloux brûlés par un soleil dément.

Je marche et je cherche

Une idée, une image,

Un regard, quelque chose

Qui me frappe en plein cœur,

Des ombres immobiles

Sont couchées dans les herbes,

Gisantes douces et futiles,

Et parfois on entend,

De ces corps emmêlés,

Monter un râle troublant…..

Je marche vêtue de sombre

Et mon corps ruisselle,

Sous le baiser mouillé

De ce juin qui sommeille,

Parc de la tête d’or

Un bouquet de mariées,

Pareillement parées

Poudrées, enturbannées,

Jolies poupées de rêve

Fleurs en artifice

Eclosent comme des

Essaims de maléfices….

J’achève mon périple

Devant un homme las

Qui nourrit dans sa main

Un petit écureuil

Et me regarde de son œil

Inquiet et goguenard

D’homme qui cherche encore

Son désert……

La blancheur du jour éclatant

Comme un drapeau vaincu

Me gifle  de ses ailes

J’ai dans ma bouche

Un goût de sel et puis de miel

Et vais chercher nue

La douceur du soir

Pendant que la voix sourde

De la ville rugit

Son concert de klaxons

Bien après minuit….

Publié dans : Poésies
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