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Sur les bords du Rhône, les péniches tanguent, endormies, leurs passerelles résillées obturées par des portes d’acier, fermées aux inconnus, clôturant les regards. C’est absurde, ces rectangles
de liberté amarrés à des nœuds épais comme des remords, enchaînés à des quais muets.
Le vent chaud, sirocco exilé de ses dunes, endort les passantes de ses bras musculeux, entre printemps et été, les silhouettes oscillent, audacieusement déshabillées, ou hésitant encore sous des laines et des cols…..
La pierre grise et sèche, taillée en saccades, m’est une couche dure et bienvenue. Je m’y pose et accroche en oiseau de passage, et j’attends que les échos s’envolent. J’aimerais dormir là, mais des regards me guettent, je suis cachée, montrée par des jalousies de verdures, branches glissant, tressant leurs arcs en monture.
Loin de tout, près de tout, ailleurs et encore là, je suis la voyageuse immobile. Bercée par toutes ces ondes vertes et futiles. Le son chamarré de sirènes en solo, efface la voix étouffée de l’eau.
Caresse du vent comme une main…..l’ocre des murs m’ourle d’une chaleur diffuse…..abandonnée entre deux eaux…..
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
Atmosphère moite, temps suspendu, texte sensuel...
J'aime beaucoup.
Amitiés
Laurence