La démarche culturelle n’est pas chose aisée. Il ne devrait d’ailleurs même pas en avoir ; Indissociable d’une façon d’être et d’agir, elle devrait s’arrimer au soi tout le temps et transcender un quotidien tout le temps. A force de lire et de regarder, à force de sentir aussi ce que je peux approcher de ce milieu dans son sens large, créatifs, ou supposés tels d’obédiences diverses, c’est le constat que je fais, et la question que je me pose en constance. L’art, tel un vernis, pose sa couche brillante sur certains, qui ont le talent, une ingéniosité aussi à proposer un produit, à créer un marché, à susciter, mais sans aller jusqu’au bout de ce qu’ils sont. Les profanes en quelque sorte, ceux qui ne sont pas encore passés, ou qui ne passeront pas par cette crise émotionnelle et mystique profonde, ce bouleversement qui est une catharsis intellectuelle en même temps qu’émotionnelle,  naviguent sur une galaxie à part, un autre monde.

Je ne raisonne pas là en termes de talent vrai, de validation par les doctes d’un savoir faire, d’une créativité estampillée aux tables de la loi. Mais bien de ce tourbillon intérieur, de ce typhon sidéral qui change du tout au tout celui qui le connait. Humble ou non, petit faiseur, ou bricoleur à ma façon, comme génie reconnu ou supposé, subjectivement appréciable et apprécié, mais nourri au sang de cette passion, de ce commandement intérieur qui le pousse à faire. Pis, qui le met dans cette tension perpétuelle, cette quête non pas d’un mieux, d’une perfection, d’ailleurs s’il est un mot que j’abhorre dans la langue française, tant il est synonyme pour moi d’ailes coupées, d’élan vital refroidi à la glace du conformisme, c’est bien celui-là ! Mais d’une chose, pas forcément nommée, et qu’il veut trouver.

Le profane est plus sur de lui, qui souvent reproduit à l’infini ses œuvres comme Beethoven déclinant ses variations autour d’un même thème. Le mystique passe par des crises révulsives, se cherche dans des spasmes douloureux et jouissifs, étourdit et assomme ses proches de cette forme d’intégrisme déroutant qui ne le fait jamais  se détourner de sa route, sauf à se nier lui-même, et à se faire un seppuku intellectuel digne des pires supplices inventés par une humanité imaginative et constante dans l’horreur, comme dans la beauté. 

D’ailleurs c’est sans doute ce que les religieux n’ont jamais compris : il n’y a nul besoin d’un dieu pour expérimenter l’extase mystique !!!!

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés