Où faut-il que je cache ce mien jardin perdu,

Cette terre brûlée, ce pays de non sens,

Où faut-il que je cache ces couleurs parlantes,

Ces vibrantes parures de mots rouges, soufrés ?

Où faut-il que je parte, portant mes pas si durs

Sur des arêtes vives au tranchant d’épée froide,

Acier bleu de la nuit des aurores triomphales

Sur des banquises dérivantes…….

Dans la découpure pâle d’une fenêtre intérieure

Ouvrant sur des rivages de pensées  déchirées,

Coupures de papier, froissées à main levée,

Montagnes de ma terre d’exilée….

Où faut –il que je rêve d’un langage invisible,

De mains parlant enfin au ventre des absences,

De regards implorant le feu vivant des jours

Pour que la vie ne soit pas sans amour

Où faut-il que je pose ce corps renversé

Sur la lame  glissante d’un fleuve enfiévré,

Alluvions délirantes d’un soupir marqué,

D’une passion restée vibrante……

Publié dans : Poésies
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