Entrelacs mouillés de racines fragiles,

Blanches et intemporelles, mangées d’eau,

Une frange de sable, blond comme une fille,

Vient lécher cet amas de cheveux indociles….

 

A plat ventre dans l’eau tiédie de soleil,

Je guette le museau d’un petit crocodile,

Et attend le passage lent de  noirs rameurs,

Fendant l’eau de leurs rames invisibles,

 




Faisceau vert et aigu de palmes indécises,

Un manteau de verdure tend sa toile vers moi,

L’odeur chaude et sucrée, verte et si subtile,

De ce marais noyé monte jusqu’à moi.

 

Et je voyage encore, bercée et toute ivre,

De ces rives du Rhône à d’autres plus lointaines,

Paysage chamarré où la lumière oscille,

En prismes éclatant la touffeur de l’été......

Publié dans : Poésies
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