La nature se dévoimant à la science - Louis Ernest Barrias
Copyright Réunion des musées nationaux


Nuit des musées ce soir. Un vieux rêve d’enfance revisité de Belphégore,  ombres glissant, tragiques sur les parquets grinçants, chair des statues frissonnant sous le halo blême de la lune.

Avez-vous remarqué combien les oeuvres sont mal mises en lumière dans les musées ?  Les projecteurs soulignent les modelés des statues comme la lumière accuse les flétrissures d’un visage, comme une photo  numérique souligne cruellement la moindre ridule, le moindre défaut d’une peau.

Je rêverais de parcourir ces lieux à la lumière diffuse, troublée d’une chandelle, comme un petit fantôme du passé. Au passage, un regard, un tissu, un col ancien, révèlerait ses mystères, un paysage se découvrirait lentement, les doigts suppléeraient au regard pour découvrir de façon autre un galbe de marbre ou de bronze. Un graphisme aigu, un océan flashant de couleurs se révèlerait un instant, brève incursion psychédélique au pays des sensations visuelles, avant que l’obscurité ne l’efface comme un rêve.

Balade trompeuse, appelant à une vigilance accrue des yeux et des oreilles, décuplant l’acuité d’un silence bienvenu, et qui surprendrait et renouvèlerait le lieu en en révélant une à une , toutes les arcanes…..

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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