Mon cœur est en veille, en berne d’amour

Comme à chaque foi, à chaque toujours,

Quand le train emporte

Comme trois ombres frêles,

Mes enfants vers leur autre vie,

Ce Paris lointain qui ne m’est plus rien,

Où leur vie s’attache à une maison,

Où leurs rêves foisonnent,

En bouquets de frissons

Et leur âme grandit en immense moisson.

J’ai le cœur qui tressaute

Et le vertige au ventre,

A leurs trois silhouettes

Semblables et différentes,

Ce même regard noir marqué

De joie, de feu,

Et ces voix légères comme des feux de jouvance !

Et moi, comme une femme de marin,

Je resterais sur ce quai noir

Mes mains devenues orphelines,

Avec ces mots qu’on ne dit pas

Et ce qu’on voudrait retenir,

La peur qu’ils ne reviennent pas......

Moi, je deviens toutes les mères

Qui regardent partir un jour

Sur l’horizon voilé des mers,

Ces beaux  oiseaux devenus libres,

Et qui resteront à jamais

Amputées d’un petit bout d’âme

Avec une étoile dans les yeux

Dont leur vie tissera la trame………

Publié dans : Poésies
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