C’est la question posée ce matin sur une chaine d’informations. Et ce débat récurrent m’amuse ! C’est comme si plusieurs milliers d’années de pratique philosophique n’avaient toujours pas réussi à assouplir, à « élastiser » l’esprit humain, pour lui permettre de raisonner en terme de complémentarité et d’équilibre, sans l’obliger à achopper sans cesse sur un manichéisme réducteur.

Choisir entre le foie gras et la messe, entre l’ascèse de la pensée et le plaisir du corps. Comme si était encore célébré un schisme entre les sens et le cerveau. Comme si cultiver le bien manger et le bien boire, voire la pratique de toutes sortes d’autres plaisirs, empêchait de penser, de conceptualiser, d’accéder à de plus hautes sphères spirituelles. Comme s’il fallait procéder à un choix définitif, endosser un costume et le garder sans cesse pour devenir crédible en tant qu’humain.  Et renier forcément un bout de soi pour amplifier l’autre.

Pourtant, j’ai tendance à croire que tout devrait être pensé en terme de gourmandise : celle du corps, des sens mais aussi celle de l’esprit, ouvert et tendu vers un kaléidoscope de pensées possibles, d’horizons à explorer doucement, un monde en soi. Savoir aussi avec intelligence, que parfois, un bon repas préparé avec soin, sera un pansement plus efficace que des mots pour réparer une blessure ; Qu’un sourire amené sur un visage est un visa pour un mieux vivre.

Et qu’un épanouissement complet du corps  et de l’esprit se passe très volontiers des souffrances infligées à l’un comme à l’autre par des privations multiples.

Vous l’aurez donc bien compris, pour moi, au menu, ce sera pensées ET foie gras !!!

Joyeux Noêl à tous !




Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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