Partager l'article ! Lascaux, quand tu nous tiens.....: Je me demande souvent si, à l’époque de nos premiers peintres expérimentaux, nos précurseurs armés ...
Je me demande souvent si, à l’époque de nos premiers peintres expérimentaux, nos précurseurs armés de lampes à huile et de pigments broyés péniblement à la main, sévissaient déjà de rigoureux critiques, lesquels passaient au peigne fin les silhouettes de mammouths et les empreintes de main ; Si beaucoup d’artistes en herbe, ladite herbe dûment coupée sous le pied par la vindicte et la hargne de cette gent critiqueuse, ont vu leur carrière prometteuse avortée et se sont reconvertis dans la chasse et la cueillette ; la honte au front et le désespoir au cœur.
Si cette même élite, formée parfois à l’école de la frustration jalouse de pouvoir regarder et jouir mais non pas de créer existe sous toutes latitudes et dans toutes les cultures ?
La critique érigée en monument incontournable de la création ne manque pas d’utilité ; Elle filtre, pour le contemporain qui manque de temps et d’argent, une corne d’abondance abondamment pourvue de chefs d’œuvre et de navets, et estampille les crus de cette production à son gré. Les critères resteront cependant flous au commun des mortels et la subjectivité évidente des choix, sans compter quelques compromis financiers douteux ou des accointances plus ou moins visibles.
Mais enfin, il est bon en tant que créateur putatif de pouvoir se frotter au regard et à la plume de gens avisés et compétents, ce qui devrait avoir pour corollaire de se remettre en question, de progresser mais aussi de s’affirmer, d’imposer sa patte ; Oui mais, car il y a un mais ; Là où la critique devrait construire, « sémantiser » un dialogue, donner un argumentaire, elle vitriole et assassine régulièrement ; Là où elle devrait prodiguer des conseils avisés, permettre de rectifier le tir, d’améliorer, elle trucide et foudroie grâce à une habile rhétorique mordue au fiel et au vinaigre, laissant l’impètrent artiste humilié souvent, et tout nu !
J’observe cette curée sauvage régulièrement dans les quelques forums photos où je tente timidement de poser quelques clichés et quelques réflexions. Avant de prendre un climat, une idée, une ambiance, on torpille ! A grand renfort de jargon jargonneux, croulant sous la technique, le poids des focales et des ouvertures, les MAP, les cailloux, etc ……………rarement un précieux conseil vient adoucir la diatribe, permettant à l’apprenti photographe d’améliorer sa prise, de mieux comprendre des paramètres fins, des ajustements nécessaires. Rarement la tolérance, la modestie et une juste conscience de ses propres limites vient tempérer la mise à mort.
Non ! On plante ses banderilles sans se soucier de prendre une évidence : tout ce qui est créé, même maladroitement est l’expression d’un ressort intime, d’une pulsation intérieure ; Créer, c’est mettre au monde, et si le bébé est un peu contrefait, chétif, il existe néanmoins, précieux à l’âme de son géniteur ! Ce pourquoi un respect minimal et un soin à l’autre devraient prévaloir sur le sel et la corrosion des mots.
Sans oublier jamais que, sans ces peintres de la vie que sont les artistes en tous genres, la vie aurait une tout autre couleur………….
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
A vous la parole !