Le cerveau humain a–t’il un sexe ? La question semble saugrenue et pourtant, elle me saute à la tête, pour ne pas dire à mon propre appendice encéphalique, au vu et au lu de tout ce qui m’entoure.

Schématiquement, on pourrait dire que la gent féminine est soi-disant plus réactive et sensible à l’émotionnel, et par glissement de sens au créatif, au sensible ; C’est très réducteur et assez faux selon moi ; je connais des femmes dont la froideur intellectuelle ferait reculer n’importe quelle banquise, et j’ai approché beaucoup plus d’hommes artistes que de femmes ; Il suffit d’ailleurs de regarder dans nos musées : hasard de la génétique, plus grande audace chez des êtres moins travaillés par l’image et cette forme d’oppression éducative qui plombe les ailes des oiseaux, résultat d’un sexisme outrancier, qui sait ?

Je connais aussi au final plus d’hommes qui pleurent que de femmes, ce qui pour moi est rassurant !!! Non pas dans l’idée mauvaise d’une réjouissance sadique à une souffrance, mais bien parce que la virilité chez l’homme ne peut selon moi se passer de l’émotion…alors quid du raisonnement, de l’intellect ? Lorsque je fais appel à ce qui chez moi est capable de construire des raisonnements assis, élaborés, adaptés à un besoin, une situation, un milieu, je m’entends dire à chaque fois « c’est curieux , tu as un cerveau d’homme ! ». Lorsqu’au contraire affleurent à ma plume des mots vifs et crus issus d’une autre partie de ce moi polymorphe, on salue la féminité fragile….pourquoi un tel étiquetage ?

Lorsque j’étais adolescente, je rêvais de n’avoir pas de corps (vraiment dommage me direz-vous et aujourd’hui j’en tombe d’accord !), tellement je rêvais de pouvoir être entendue, écoutée, prise d’abord comme un être humain doté d’un cerveau intéressant, et ensuite pour un être sexué. Ambition bizarre dénotant un déséquilibre schizophrène ? Je ne crois pas…..sans doute davantage une envie proche de celles des gens de couleur qui voudraient d’abord être regardés comme des humains tout courts…. On sait bien depuis Spinoza que l’être humain est un tout, à ne pas considérer comme une machine dont les parties sont isolées les unes des autres ; Nier une réalité physiologique et anatomique évidente serait donc une hérésie, une sottise….accepter une vision réductrice du fantasque fonctionnement de cet organe étonnant en serait une autre …..autrement dit privilégier ce qui est là , donné, sans raisonner en termes de différences sexuées, en prenant simplement la part du rêve et la part du vrai….

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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