C’est comme être sur la lune. Soudain, le monde vous parait nu ; Autour de vous, il y a le bruit, les murmures, les cris ; cette marée humaine qui reflue
en tous sens, qui s’agite, qui a l’air de tellement savoir ce qu’elle fait. D’être mue par un but précis, urgent, qui justifie cette agitation, cette frénésie de gestes. Et vous, à contresens,
marchant à grands pas silencieux, comme posée sur des coussins de vent ; Ne comprenant rien à cette purée de mots, ces écharpes d’ondes qui s’enroulent et se déroulent sans fin. Comme si,
petit atome perdu, vous aviez chu dans une fourmilière ; pas de reine, mais des milliers de petites ouvrières partant en tous sens accomplir leur mission codée ; Et vous, dont le code
génétique ne prévoit rien ! Vous, petit électron libre, zigzagant ivre de lui-même au milieu de ces grouillements de vie. Il me semble parfois que tous autour de moi sont possédés de
cette vérité qui m‘échappe ! La nécessité de faire, l’obligation, la contrainte, qui sont aussi les fils que l’on s’attache pour s’auto mouvoir,
pour se propulser, pour donner un but, un sens… je partage avec quelques allumés du bocal, quelques rêveurs pas toujours soft, ce regard hagard
posé sur tout cela, cette incompréhension manifeste, ce refus doux et sans révolte aussi…..
Cela m’amuse plus que cela ne me rend triste, naviguer avec son île sous ses pieds en terre connue est au fond assez agréable, si je puis me permettre cette image assez décalée…à condition de la peupler d’assez de cassettes de rêves, décrochés au cœur de la nuit…
A VOUS LA PAROLE