
Au bureau d’accueil des impôts,
Une blonde cerbère au maquillage de perroquet,
Secoue sa tête expressive et me noie,
Dans un verbiage peu amène.
Des ascenseurs vertigineux
Me jettent dans un bureau étroit,
Quatre cloisons, une moquette,
Une table vierge et un silence.
Puis, un rond fonctionnaire d’état
Et sa voix de métal gris,
M’assène des codes et des lois.
Et je me demande
Coment le jour peut naître là !
Dans le métro, une femme laide,
Son ventre énorme promesse de vie
Sanglé comme une mappemonde
Dans un tissu de soie criarde
A les doigts dans le nez !
Curieux spectacle en vérité !
Et je pense aux taloches futures,
Que son malheureux rejeton recevra
Quand par atavisme pur,
Il répètera ce geste là !
Sur les quais, des pompiers affairés,
S’emploient à déverser l’eau de leur camion citerne
dans le fleuve las.
Des passants goguenards,
Les regardent œuvrer,
A leur tâche aveugle,
Et des cygnes inquiets,
S’enfuient à tire d’ailes,
Loin de cette gabegie fluviale.
Je pense à Vian et à Cocteau,
A Franz Kafka et à leurs pairs,
Devant ce jeu drôle
et incongru de la vie,
Dans ses absurdités premières.
Petit versant surréaliste,
Qui donne au quotidien servile,
Une féérie de fontaines,
Une drôlerie de comédie.
Et je me demande,
Comment le jour se couchera ici !
A VOUS LA PAROLE