Ca résonne en elle, profond…ce silence intemporel, éternel, cette attente en vertige sur un fil de temps. Elle pense à la petite fille douce qu’elle était il y a longtemps…A ces heures, ces semaines, ces années passées à attendre, qu’on la rejoigne, qu’on la prenne, qu’on la comprenne enfin………qu’on prenne la chair de ses mots, de son être, qu’on la nourrisse et remplisse……………il lui semble qu’elle a passé sa vie ainsi à attendre …cela n’a pas de fin, celle à qui on ne dit rien, celle que l’on croit si forte, celle qu’on ne choisit pas, celle que malgré tout on veut prendre, celle qui ne souffre pas…………………..celle qui doit accepter et comprendre, tout………….elle……….

Un silence, un abime perdu au fond des yeux, une tristesse qui tue et qui ploie tout à coup, cette dérive noire qui crie à fleur de soir, ces mots rentrés, éteints, ces faims que l’on ne peut dire….ce qui fait marcher des heures durant, l’œil en quête et le ventre dur, ces pavés qui brûlent les pas, ce geyser intérieur et qui crie, tout ce qui a envie de jaillir, de naitre comme des bouquets de fleurs, des atomes drus, gonflés, vivants et qui petit à petit se meurent, faute  de temps…………….dis…………il y a trop de choses, trop de chansons écloses, trop de sensibles dons, trop d’abandons qui ne peuvent se faire, et  elle, elle  voudrait dériver, poupée de chair vivante, encrée à la marée de ses idées naissantes, elle voudrait donner son sang, qu’il dessine des chemins de mots, une trace vivante et mouvante, diluée par la montée des eaux, elle voudrait être une mer, se dissoudre dans les vagues d’écumes, elle voudrait être un désert, roulant sous le ventre des dunes, laminée et corrodée par la morsure d’un soleil tyran……………   

Elle, elle se promène tête haute, la cascade de ses cheveux coulant comme une rivière sur ses épaules minces et tendues, elle promène dans ses yeux tout un monde qui s’évapore, des rires et des chants sonores, une odeur, des parfums de vie, des violences d’Arabie, des sucres et des miels doux, et la musique de sa voix, comme un serpent de sons très bas, et qui va murmurant son nom, dans la naissance de ses pas…..elle……..qui se meurt doucement d’amour, quelque part dans un pays qui a jamais, n’a pas de nom…..

Publié dans : Nouvelles
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