Ils sont posés comme des oiseaux fragiles sur le quai noir.

Lui, massif, un visage de vieux bébé tourmenté, son gros regard bleu acier posé dans le vague ; Elle, si petite, frêle, une tête ronde et hirsute posée sur un cou d’enfant. Nichée dans le creux de son épaule, lovée contre lui, elle semble vouloir ne faire qu’un avec cette chair, ce corps. Lui, penché comme sur un trésor, l’enveloppe et l’enserre comme s’il avait peur qu’elle ne s’envole. Serrés, si serrés l’un contre l’autre, avec quelque chose de compulsif, de passionnel, de si fort. Lui, beaucoup plus vieux qu’elle, la bouche fermée sur un silence, une incapacité de dire autrement que par ses mains qui la serrent, la serrent. Il ne peut pas parler, émet de vagues sons comme des gémissements arrachés.  Elle, dont le regard s’égare sans cesse, alors que son corps demeure totalement immobile contre le sien………Autour, des inconnus un peu goguenards, surpris, regardent ce couple inhabituel, ces deux enfants déshabillés d’un univers mental, autres, 2 handicapés qui s’aiment, qui se cramponnent à l’autre comme à une île ; Image poignante, saisissante, qui me revient, alors que les Gymnopédies de Satie m’environnent de leur aérien ballet musical…..







Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés