Marée lente,

Le flot des voix tente de s’accrocher au réel.

Est-ce exister que faire du bruit ?

Tous ces cris jetés à la face des gens,

Tous ces cris heurtés à la force du vent,

Et, au milieu, immobiles,

Quelques rêveurs,

Qui portent dans leurs yeux, un autre temps.

Marée blanche,

La ligne des sourires avance en dents de scie,

Des bouches, qui s’essaient à dévorer l’ennui,

A masquer des faims invisibles.

Et, au milieu, quelques enfants,

Seuls, à sourire, vraiment.

Marée rouge,

Un soleil insolent chauffe les corps, à blanc,

Pose sa lumière dure, comme un faisceau immense,

Dévoile les rides du temps.

Eclaboussée de sa splendeur,

Mangée de sa chaleur indue,

Je pose ici quelques chimères,

Comme de petits fruits défendus.

Marée douce,

Les peaux moites et dorées

Qui poussent,

Comme de jolies fleurs de chairs,

Epaules, en collines, en monts,

Mains qui s’expriment, volubiles,

Comme des danseuses de ballets.

Marée dense,

Affolement d’âme saturée de sens.

Dans ce concert à mille voix,

Moi, je me tais, laissant éclore,

Un autre chant, doux et sonore,

Eclat transpercé de la flèche,

Fuligineuse et aigüe de la vie….

Publié dans : Poésies
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