La lumière éclaire doucement le vase d’or à mes pieds. Lumineuse pénombre. Le parquet acajou offre ses innombrables blessures et sa teinte profonde comme la chevelure d’une femme.

Dehors, le ciel se meut d’une pâmoison bleue. Moi, les cheveux défaits, je songe à ce repaire, asile provisoire où je couche mes images et mes mots. Lieu suspendu, dans des murs de guingois.

Mon cœur tourne autour de ces murs là, où pour la toute première fois, j’ai mis une trace, un parfum, une empreinte douce de moi. Combien de temps restera-t’elle, fugace silhouette à l’odeur de vanille ?

J’aime à penser que les lieux gardent, par une mystérieuse magie, les strates, les volutes de voix, et ces marches silencieuses aux heures cruciales de la nuit, quand l’esprit ne sait où se poser.

Des guirlandes d’âmes et de rêveries, humbles flammèches de vie dans ces murs modestes, et aussi peu perpendiculaires que possible !

C’est pour cela que j’aime ces vieilles pierres, ces lieux aux mille couleurs, comme si, de loin en loin, me répondaient de très lointaines sœurs. Eternel féminin au quotidien limpide ou dur, cousettes, femmes du monde, du demi-monde, pourquoi pas ?

Qui a rêvé ici avant moi, à un éternel ailleurs ?

J’y entends encore des voix fraiches, j’y sens encore l’odeur des fleurs, et aussi l’écho de temps plus inquiets.

J’aimerais y laisser de moi, cachés dans les rainures du parquet, mille petits poèmes improvisés et pleins, un baiser  dans les traces du temps……

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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