Lentement, mon cœur se remet à battre à une heure différente, autre,

Pulsation complice et vibrante d’une autre chair ,

Cette chair issue de moi et si inconnue parfois, si troublante ,

Enfant porté, attendu dans l’espoir ,

Vie porteuse de tant d’histoires.

Je regarde ce fils qui grandit loin de moi,

J’entends encore le cristal de sa voix,

Qui oscille sur un fil où nulle basse ne vibre,

Pour peu de temps, encore ,cette voix pure et blanche,

Asexuée, innocente.

Je la mets dans mon cœur, à l’abri, au secret,

Avec ces mèches d’or qui coulaient sur son cou ,

Son sourire vainqueur quand par obsession lente,

Il enfermait le chat dans un vase au long col .

Je sais les bouquets courts écrasés dans ses doigts ,

Les colères violentes, ces échappées ultimes,

Dans son monde intime, structuré et baroque ,

Où le croque mitaine avait le sourire des adultes pantois,

Impuissants à le prendre, à le comprendre un peu,

Ce fils étrange et beau né de la rigeueur et du feu

Passerelle incongrue d’univers ennemis.

Et qui, parfois, regarde avec une telle douceur

Ceux qui ne savent pas le regarder, lui............ 

 

Publié dans : Poésies
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