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J’ai assisté à un concert hier soir, normal me direz-vous puisque c’est la fête de la musique! Un concert intimiste, gracieux, donné par 3
jeunes femmes, 2 violoncellistes et une pianiste frêle. Le son grave et profond du violoncelle associé aux arpèges de piano colorait le salon d’une couleur étrange, intemporelle, très
émotionnelle et grave. J’observais, reflex en main le visage de l’instrumentiste de fond si je puis dire ; Tourmentée, concentrée, le cou incliné et balançant comme un col de cygne à sa
toilette, elle se murmurait incessamment quelque chose, notes, difficultés, prière intérieure, je ne sais pas ; mais on lisait sur elle, les vibratos, les tempos forte, tout ce qui en même
temps que son instrument, balayait aussi son être, le traversait littéralement comme si elle faisait corps. J’adore regarder cela, ça me fascine au plus haut point ; C’est comme regarder un
couple faire l’amour ! Quelque chose d’indicible et de très profond se passe la, qui ajoute à la magie du son, la magie de toucher de façon fugace une aile d’ange !
A côte de moi, une jeune femme au physique de statue, poitrine et chevelure opulentes, visage de madone de la renaissance se tenait, droite comme un i, le visage impassible. Instrumentiste elle aussi, rebelle aux apprentissages anciens qui ne lui avaient pas donné ce qu’elle attendait, elle avait appris le piano toute seule à ses 20 ans, par défi personnel . Avec son compagnon, nous avons échangé de façon prolongée et très agréable sur la transmission de ce patrimoine la, l’enseignement de la musique si rigidifié, si codifié dans notre pays qu’il étouffe enthousiasme et créativité là où il devrait ouvrir un monde sans frontières. J’ai relaté à ce jeune couple qui m'écoutait bouche bée, des expériences fugitives vécues ailleurs et autrefois, comme cette vision jamais oubliée, Place des Vosges à Paris, d’une cantatrice magnifique, chantant à capella, devant un cercle de badauds ébahis, des airs d’opéra anciens. Et mettant soudainement ainsi, aux pieds de gens disparates et dont la plupart n’était sans doute jamais entrée dans un opéra, une certaine vision de l’art, et surtout une émotion jetée au vent. Décidément, la place de l’art est dans la rue !
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
A vous la parole !