J’ai peur

Un frisson lent grimpe le long de mon cou,

Je regarde dans la glace

Cette femme soudain inconnue, qui me dépasse ,

Avec ce regard de feu et de braise,

Où s’ancrent violemment des souvenirs d’antan.

J’ai peur, je tiens entre mes mains des choses si fragiles,

Palpitantes et vivantes, indociles, indicibles,

Je me sens comme une déesse native,

Divinité païenne, capable de froisser

Entre ses doigts si maladroits, tous ces cœurs de papier .

J’ai peur, je me sens comme une montagne noire ,

Et comme les pétales blancs d’une fleur inconnue .

En moi se balancent et s’agitent tant d’histoires,

Mon cœur est un puits perdu,

Où les eaux lentes et vives de la passion

Montent en tourbillons du fin fond de la nuit .

Je suis à marée haute dans ces terreurs la,

Je suis à moitié vive, quand tout ce je crois

Bruisse et s’effiloche dans des battements d’ailes,

Et que je sens le cri de mon cœur hurlant comme un appel,

Perdu dans le vertige bleu des nuits luminescentes,

Où j’appelle sans fin de ma passion vibrante

son cœur……

 

 

 

 
Publié dans : Poésies
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