Pendant que tes lèvres touchaient les siennes,
pendant que tes bras entouraient son cou,
pendant que les anges de l'éternel amour vous enlaçaient
comme un seul être des liens du sang de la volupté,
vous étiez plus loin l'un de l'autre que deux exilés
aux deux bouts de la terre, séparés par le monde entier.
Regarde-la, et surtout fais silence.

Confessions d’un enfant du siècle -  Alfred de Musset

 

Stances, césures de temps où renait  le silence

Parfois, dans tes regards comme une attente sure,

Il y a de mes mots une telle capture,

Tu sais, je voudrais que mes mains soient mon verbe, si haut,

Qu’il dessine à jamais ce château inconnu,

Les courbes d’une terre où tu irais pieds nus,

Le cœur libéré de toutes entraves,

Chant, musique enivrante de ta voix

Qui murmure et peint à tes couleurs,

Ce fleuve de nature où tu coules tes peurs

Dans des flots d’encre blanche et noire.

Tes mots en arabesque te dessinent un visage,

Où tu m’émeus sans cesse d’un vertige inconnu,

Reflet trouble et changeant d’un pays de feu,

Où pleurent  des rivières d’argent,

Je voudrais que mon corps soit la palette vive

Où naissent ces chants intimes d’une vérité belle,

Les lentes épousailles des esprits en éveil,

Quand la petitesse des mots,

Et leur tranchant d’épées aiguisé à l’envie,

A la douleur parfois de ne pas être pris,

Dresse une muraille de granit….

Musique, regards mouillants, cuivrés

A la tendresse douce,

Quand nos cœurs se lient, si nos peaux ne se touchent,

Et que de toi à moi, comme un ruban noué

On s’attrape le cœur que l’on tient si lié,

Pour que jamais plus il ne s’échappe...

Publié dans : Poésies
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