Il y a tout juste un an, j’ai quitté une vie, une histoire, des êtres chers aussi pour venir partager plus loin, ailleurs, une autre destinée, à demi prisonnière  d’un autre univers, d’une autre terre de vie ; J’ai été comme ces exilés d’autrefois, partant avec presque rien sur le dos,  trois meubles, quelques photos, quelques livres, des souvenirs durs et beaux, un rêve !  J’ai été comme ces chercheurs d’or partant à la conquête de leur Eldorado, cherchant frénétiquement au fond de leur trémie quelques pépites ; Comme eux, du bout de mes ongles tremblants,  j’ai cherché et glané, et raclé le fond, recueillant rires et larmes, frissons, extase et désespoir aussi.

J’ai appris le coût et la saveur de la liberté, acquise si durement au prix d’une solitude jamais connue, rejetée et bafouée par ma famille, mes amis, tous unis et univoques pour conspuer en bloc ce départ, cette folie de vouloir vivre droite et sincère jusqu’au bout d’un sentiment, d’une passion ; J’ai connu la trahison du cœur, celle de ne pas pouvoir être l’unique, dans le cœur et la vie de l’être aimé, désespoir et objet de souffrance absolue et indicible mais portée pourtant comme un étendard claquant et vivant, l’étendard de mon cœur. J'ai appris aussi à être aimée, totalement, pour moi-même et à oser laisser parler tout l'amour qu'il y a en moi pour lui...

J’ai appris que je pouvais devenir pour l’autre, pour mon autre, une souffrance totale, une cathédrale de douleur juste à cause de ce cœur totalitaire qui bat en moi, et qui ne souffre ni partage ni abdication. Je suis ainsi, totalement découverte à moi–même aujourd’hui dans mes particularités et excès, dans cette fièvre passionnelle qui habite la moindre parcelle de mon esprit et de mon corps, cette fièvre qui hante chacun des mots posés ici, cette tendresse et cette surabondance intellectuelle, affective et sensuelle qui sont, plus qu’une signature, ma chair.

Je ne puis partager qu’avec vous, cet anniversaire étrange, ces 365 jours qui ont fait basculer ma vie sur une route autre, et sur laquelle, comme un enfant, j’apprends à marcher, à rester droit, à moins vaciller …..à porter haut et loin mes couleurs, celles que vous goûtez à votre façon, vous qui passez me lire sur cet espace qui est dédié à toutes les formes langagières et artistiques. Destin étonnant et bizarre, revendiqué plutôt que subi, et affirmation ultime et absolument volontaire de  ma nouvelle terre d’asile, la liberté d’être, d’aimer, de penser et d’écrire une histoire, mon histoire….


Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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