Blottie entre mes draps j’attends, la nuit, le jour tout se noie et se noue dans un nœud sans fin ;J’attends et j’espère le pas qui ne vient jamais, la promesse d’un nom, d’un mot, d’un autre chose, d’un ailleurs ;Et toujours le silence étouffe ma voix.
Portable éteint, attendant une stridulation douce, le chant d’une passion, d’une envie. Une main posée sur moi, cherchant la douceur blanche d’une peau , une odeur, moi. Desirant le son de ma voix.
Alors, ça crie, ça crie à l’intérieur de moi, ça enfle comme un cri dans mon corps dans mon coeur, ça jette hors de moi toute douceur, douleur, je suis la rage faite femme ;
Rage de ne pas pouvoir à l’orée de ces temps être un être entier, exigent et brûlant, être soi, juste un peu, un soupçon un fragment , vivre, au bout de soi ; Pouvoir dire, être entendue, être lue un peu, non pas prise, juste comprise, un atome, une utopie, une vérité, faire écouter ce chant d'attente sans fin.... être voulue dans un aujourd'hui, un deman, partage de sens et d'actes fondés, assis, toujours;
J’ai la rage qui coule comme du sang dans mes veines elle arrache de ma peau ces vêtements amènes, cette blancheur de femme lisse, ce regard qui se fait si chaud, en moi la nuit remonte et pousse ses murs les plus enclos. J’ai contre moi la tête de mon fils, ce petit d’homme fermé sur une vie qui hérisse, je voulais tant lui donner, lui donner cette femme, complète et belle de ce qu’elle sait et croit. De ce qu’elle peut donner, de ce qui ne se dit pas mais qui se vit toujours dans mes terres à moi ! Mais la vie me refuse ça, me refuse ça !Mais la vie me dit tais-toi, tais-toi! Non, non ,non!
Alors je crie et hurle comme un chien, comme un loup, je crie à pleine gorge, et je me dresse sans mes mains serrées
comme deux poings morts, je ne frapperais rien, je ne réclame pas, je crie juste cela, sans mots à l'intérieur de moi, cette colère qui n’a même plus de nom. Etre femme, une femme, qui porte
ses enfants, être femme, pas un objet vivant !
j’ai trop envie de crier, de déchirer la nuit qui m’entoure dans ses drapeaux de suie, je veux de la lumière et je veux de la vie et ne
retiendrait rien, ni les larmes jetées à la tête d’un inconnu, ni les rires partagés avec des gens que je n’ai jamais vus, ni les désirs demain, ni les folies de ce moi doucement et
ardemment passionné, à quoi bon protéger ce qui est si je n’ai que le droit de crier sans l’écrin de ses bras……….. juste des mots tendus comme des fils de soie..........et la vie qui coule
loin de nous...
Juste me gorger de ces cris qui étoufferont dans une douceur cherchée à la levée du jour tous les jours jusqu'au bout ....
A VOUS LA PAROLE