J’attends la déclinaison du jour

à Saint-Jean,

l’eau chavire et murmure, lentement,

de longs filets d’écume, d’or filés,

chamarrent l’esprit qui susurre, apaisé.

La torpeur d’un monde, descend,

Sur la fièvre du jour, ses tourments.

Sur les quais, l’herbe rase, jonchée,

Des rêves échappés des promeneurs naïfs,

Dessine des passerelles oubliées.

Et, sur le pont tendu comme un soupir,

Des amoureux furtifs, de vieux loups esseulés,

Passent sans écouter la voie forte des eaux.

Le Rhône s’assoupit, s’alanguit et s’étale,

Sa moirure émeraude  se nappe de gris pâle,

et j’attends que la nuit comme un lit vaste et clos

Enténèbre l’ennui de ces eaux douces et molles,

Beau fleuve alangui de promesses qui s’étiolent,

Lorsqu’enfin le soleil s’y couche tel un amant.

Publié dans : Poésies
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