Lu dans le dernier numéro de « Connaissance des arts » un éditorial annonçant le processus de réunification croissant des musées entre eux ; Les gros musées avalent les petits, un par un, impitoyablement. Raison d’état, raison d’économie, de facilité de gestion ; Décisions budgétaires, et ou politique de fonctionnaires appliquée à la culture.

C’est dommage ! Savez-vous qu’à côté des gros mastodontes courus par le tourisme culturel, vivent dans nos villes et dans nos campagnes des musées riches de tout un patrimoine, émouvant, beau, lié à un savoir être et un savoir faire. Si on se donne la peine de courir en arrière ville, de déserter les grandes artères, on découvre tout un trésor insoupçonné de collections disparates, souvent assemblées au fil du temps par des passionnés désireux de concentrer  entre leurs mains un peu de beauté, une histoire, et de la transmettre ! Parfois, le musée en lui-même est une œuvre d’art, témoignage architectural, beau et étonnant de l’ingéniosité et de l’imagination humaines.

Avec un peu de chance, quelquefois,  en lieu et place d’un gardien  de sérail grognon et patibulaire, cerbère repoussant suant l’ennui à plein uniforme, on découvre un personnage féru d’art et de culture, possédé par la volonté d’expliquer, de montrer, de raconter ; Alors, tout s’anime, les tableaux chatoient, les sculptures tendent leurs rotondités pour qu’on  en affleure le marbre, tel objet vu au-dehors dans un cadre neutre, grisâtre, offre le relief de ses formes, de sa matière, étonne l’œil ;

Car, cet avant tout ce que l’art apporte ; Non pas une uniformisation, un dogme de la pensée, une vision canonisante de la vie, mais une claque à l’imaginaire, un dépoussiérant de l’esprit, un appel du pied tape à l’œil et aux sens pour que l’intellect se secoue, s’interloque,  change de regard sur un monde qu’on croit connaitre par cœur….

Souvent, l’homme oppose nature et culture, nature et art; C’est oublier pourtant que depuis l’origine des temps, l’homme a sculpté et redessiné  son environnement, a créé avec des moyens parfois très sommaires, disparates, une vision, une essence…et que les minorités ethniques les plus reculées et proches des origines qui peuplent encore notre planète ont toutes sans exception une forme d’art qui leur est propre, l’art comme signature de l’homme sur la vie, et qui peut être si belle…… infiniment recréée….

Mais, l’assise de toute créativité est la pluralité, la diversité, l’éclatement en sources multiples,  innombrables petits ruisseaux convergents vers un océan dont on ne trouve jamais les frontières…….moi, j’aimerais et rêverais que les œuvres soient dans la rue, visibles, touchables, sensibles à tous, mais comme  cela ne se peut,  que l’on protège au moins ces lieux multiples,  temples de l’imaginaire, tremplins doux des âmes qui ne se ferment à rien….que cela ne soit pas concentré et tenu en laisse par quelques mains…



http://www.connaissancedesarts.com/

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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