Une mine de crayon, un fusain, s’écrasant gras sur le grain du papier

Lisse, crémeux, à cœur,

Marges blanches,

Un stylo, une plume, écumant d’encre noire, de sève,

Le crayon est un sculpteur de vie

Comme le ciseau du sculpteur

Mord la chair du marbre veiné,

Et dégage du plein une ombre,

Un corps, un animal pris

Dans l’élan de son être,

Un tout, un rien, un imaginaire de l’instant,

Un geste, un pas, une danse,

Un boléro de vie sur le tranchant des jours.

Une passion de tissus froufroutants,

Couleur nature ou couleur de scène,

Une note soufflée comme une tige de verre,

Une grâce, un instant,

Je pense à toi Rodin, à tes mains fortes et belles

A ta gueule d’artiste, à ta brute lumière,

A ton atelier bigarré, à tes humeurs,

Je pense aux mains qui multiplient,

A la croisée des terres des mondes moins funestes,

Ces mains douces et belles qui magnifient la vie,

Même en plantant simplement à cœur de  terre

Une graine, du vent, une moisson de rêves,

L’imaginaire est un ailleurs….

 

 

Publié dans : Poésies
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