Il est au sein des bois un
charme solitaire
Un pur ravissement aux confins
du désert
Et de douces présences
où nul ne s’aventure
Au bord de l’océan qui gronde
et qui murmure
Sans cesser d’aimer l’homme
j’adore la Nature.
Lord Byron
Ces vers soulignent et accompagnent la quête de Chris Mac Candless, un jeune américain de 22 ans fraîchement émoulu de l’université qui se met en quête de la
liberté absolue et de son Eldorado personnel, rejoindre l’Alaska et s’immerger en pleine nature.
En rupture de ban avec une société américaine bourgeoise, corrompue, matérialiste, et ses parents vecteurs de mensonges et de souffrances, Chris, qui se
rebaptise lui-même Supertramp, jette tout son passé du jour au lendemain.Donnant tout son argent à une œuvre, brûlant ses derniers billets dans un geste sacrificiel et rédempteur.
Sac au dos, trainant dans sa besace ses livres, Kerouack, London, son journal intime ,et quelques objets de survie, Chris prend la route seul, refusant
les bras tendus, se posant quelquefois auprès de marginaux croisés sur la route, d’un vieillard qui voudra le prendre sous son aile, s’arrachant à chaque fois à ce confort.
S’initiant à la survie, à la vie rude des trappeurs et vagabonds, découvrant la beauté sauvage des ciels du Yukon, de l’Ontario, immenses et vertigineuses
étendues de neige et de sapins, au milieu des tribus d’élans, des rivières cascadantes, et du silence.
Ce film somptueux, très profond, nous parle de la passion, intransigeante, aboutie, revendiquée, dans une pureté et un extrémisme qui interpellent et qui
dérangent.
Homme confronté à une solitude révélatrice et cruelle a la fois, Supertramp ira jusqu’à l’extrême bout de lui-même.
Cette histoire baroque et initiatrice orchestrée par Sean Penn a pris racine sur le livre Into the wild, écrit par John Krakauer suite à la
découverte du journal dans lequel Chris, au fil des jours, a raconté, en même temps que ses aléas, son inlassable quête de liberté, son impossible rêve.
A voir et à goûter en émotions et paysages de nature à couper le souffle.
Into the wild-John Krakauer- Presses de la Cité (1998)
A vous la parole !