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Dans le vacarme des villes, il y a des îles de silence. Un souffle passe, une fragrance douce, parfum de chèvrefeuille ou de myrtille, mystérieuses essences, écharpe odoriférante ensorcelant un cou, un poignet, un visage croisé sur l'asphalte et dont on ne retiendra que cela.
L'éclat d'un regard qui fait surgir de manière éphémère les nuits fauves d'Afrique. Une chevelure échafaudée rescussitant un moyen-âge sciencefictionnesque.
Au milieu des murmures, une voix. Un éclat soudain, un timbre tranchant comme un couteau qui dessine une clef de fa dans l'indictinct brouhaha.
Une rythmique jazzy qui assemble harmoniquement les claquements des talons sur les pavés en un air de salsa; Clic, tic-tac, tic! Et on imagine les jambes traçant un entredeux souple et sensuel sur le gris du sol. Un kaléidoscope de matières et de couleurs qui sature en tons le regard et donne le vertige.
Alors, soudain, l'esprit ne capte plus, les sens se replient sur soi, on se retrouve dans un cocon sensoriel ouaté comme un nid, les sons et les gestes se distendent, s'écartèlent, la vie autour s'écoule comme une onde, les passants empressés, les couples d'amoureux collés serrés, les rieurs, les grognons, les mégères, les coquettes et les fureteurs, tout forme une cohorte spongieuse et inaudible, qui trace un étonnant tableau.
Le nez au vent, formant à contre courant son invincible sillage, le promeneur solitaire joue cavalier seul, et la foule le bouscule et le reflue de trottoir en monument, de feu rouge en feu vert, comme la mer suce et recrache avec caprice de tout petits galets.....
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
A vous la parole !