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Elle a grandi en toi comme un serpent morose,

s'est faufilée dans les plus petits recoins,

a lêché de sa langue perfide,sinueuse et longue

tout ce qui avait encore un relent de parfum,

j'ai beau tressé, habile, de mes doigts éperdus,

mille tresses d'amour par mes mots soustendues,

elle est plus forte que moi.....

 

Tu aurais pu avoir pour maitresse des femmes

au charme langoureux, aux éphèmeres appâts,

j'aurais pu de leurs langues défaire le verbe tiède,

opposer à leur faim ma pureté pour toi,

mais, devant sa faconde et les liens si serrés

dont elle enserre ton âme, je ne peux que trembler,

je n'ai que mon amour de toi...

 

Pourtant je sais délier de mes promesses douces

les coeurs enchâssés dans les horizons noirs,

et couvrir de mes mains les visages farouches

pour délivrer les mots, les plaintes et les pleurs

briser sur les récifs durs des rêves morts,

les noeuds tortueux et lourds que pose la douleur

je sais cela....

 

Alors, cette maîtresse aux mille visages ingrats,

j'en détruirais le coeur en cent mille éclats,

et s'il faut pour cela en sucer le poison

jusqu'à en recevoir de mortels frissons

pour toi je le ferais, je me battrais pour toi

avec pour seule arme des guirlandes de mots

rien que pour toi....

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Poésies
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