Petite, je parlais à des bouquets de fleurs
tendues dans le silence d'une brise d'été,
elles avaient le pouvoir de leurs têtes inclinées
qui n'abdiquaient jamais sous le vent et la pluie,
et moi, je regardais ces humains, souvent gris
que la vie couchait comme des fétus de paille
et je ne voulais pas y croire,
Moi, je n'ai pas grandi, dans mon âme, tapie
ce petit coin d'enfance est à jamais assis,
ce regard immobile ardent et qui attend
que s élève le chant des coeurs,
cette confiance des enfants
qui attendent, debout que le monde se donne
et puis, j'ai dans la poitrine un caillou,
un noyau dur qui pèse et me dit
que je suis vivante jusque dans ma douleur,
que je crie jusque dans les couleurs
apportées par mes images et mes mots,
moi qui ne voulais que la pourpre et que l'or
et puis le blanc vierge de tout,
moi qui ouvre mon âme à toutes les saveurs
et ne sait plus fermer mes sens
en proie à toutes les faims du monde,
à jamais ,la vie me donne le vertige,
assise sur ce fil tendu sur les absences,
assise sur ce fil rompu par les silences,
je n'ai pas d'oraison autre
que le chant de mon coeur......