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Un chant à deux voix, une voix à deux temps

comme une contremarque aux caprices du vent,

une unité de tons, de pensées, de musique,

où chaque note pourtant marque un tempo unique,

où l'unisson des coeurs signe la liberté,

de chaque esprit signé de sa patte magique!

Un voile nuptial à mon âme,

sous le signe de l'amour..............

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Il y a des mots qu'un adulte ne sait pas dire

quand il a devant lui ce regard éperdu,

ces yeux qui ne comprennent pas la parole qui s'est tue,

la main qui ne caresse plus,

la lumière qui n'est pas

quand il y a ce silence qui ne réclame plus rien.


Moi, je te demande pardon,

petit prince perdu à l'orée de la foule,

petit garçon tendu à ma tendresse absente,

fleur de chair blottie contre mon dos étroit,

comme un petit animal qui ne veut pas souffrir.


Il y a des histoires qu'on ne sait pas donner,

je te disais des contes à l'entrée de la nuit,

ces mots écrits pour toi de ma plume en éveil,

ces plages de mots doux ou tu rêvais encore,

tu sais, la vie s'habille parfois d'un déguisement triste

qu'on ne peut pas ôter comme ça.



Moi, je te demande pardon,

petit garçon lunaire, petit poète doux,

et tes doigts tâchés d'encre, tes poches pleines de rêves,

ta voix d'archange pure qui chantait des chansons,

ta douceur violente qui m'était un appel

à ne pas te laisser dans les mains des cauchemars.


Il y a des chagrins que l'on ne peut donner,

il faut être debout et rebâtir des terres,

où tu pourras trouver des rivages moins amers,

et des adultes doux pour t'aider à grandir

il y a un amour qui ne peut pas se taire,

il y a un amour qui ne peut se tarir.


Moi, je te demande pardon...

 

Publié dans : Poésies
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«  Elle était si triste qu'on ne voyait même pas qu'elle était moche. Je lui ai mis les bras autour du cou et je l'ai embrassée. On disait dans la rue que c'était une femme sans coeur et c'est vrai qu'il n'y avait personne pour s'en occuper. Elle avait tenu le coup sans coeur pendant soixante-cinq ans et il y avait des moments où il fallait lui pardonner »



Je relis pour l'énième fois ce passage et ce livre d'Emile Ajar, alias le tendre Romain Gary, « La vie devant soi ».


Roman d'amour iconoclaste et dérangeant qui unit un gamin précoce et hypersensible, Momo, un petit beur sans racines, à une vieille femme rescapée des camps et qui se cramponne à la vie comme elle peut; Combat dur et insoluble mené par le petit garçon pour que la vieille femme usée, triste, ex prostituée qui recueille chez elle les enfants des autres, puisse mourir comme elle le veut, loin des hopitaux et de la normalité des gens.

Expression vraie et forte de sentiments qui s'extraient de la mièvrerie et des poncifs pour s'enraciner au coeur d'un quotidien très cru, très triste aussi parfois, mais que la verve des personnages et la façon que Gary a de les « reliefer » de leur donner le mot juste, la saveur d'un sentiment impromptu exprimé sans honte ni retenue, rehausse de mille couleurs;

Livre habité par le célèbre rire des clowns tristes où l'humour décalé de Gary s'allie à une poésie magique matinée des rêves et des errances de l'enfant, fleur des pavés de Paname, à la recherche de ses origines et du sens de la vie.


Un livre a redécouvrir et à goûter d'urgence ............


La vie devant soi - prix Goncourt 1975- Emile Ajar
http://www.romaingary.org/


 

Publié dans : Carnet de lecture
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J'ai en moi les déluges des mondes accomplis,

la force des volcans ensemençant les terres,

les flux noirs des torrents, les désirs écrits,

à l'encre des temps qui ne veulent plus de saisons.

 

Je sais, les mirages noyés dans les ailes du vent,

les souvenirs morbides à la tranchée des rêves,

les gestes abandonnés sur les rives du temps,

les montagnes de mots brisés comme des chaînes.

 

J'ai en moi le vouloir comme un drapeau vivant

la volupté abrupte de vouloir donner

à mes frères de vie des instants si vibrants

la vie est un fragment que je voudrais dompter.

 

Je sais, les attentes bottées au pied des murs de glace,

l'abdication forcée aux règnes materiels,

je sais, la vie drapée comme un linceul terne,

mais je veux être en vie;  le crier en haro!

 

J'ai en moi les foudres et les eaux du désert

les émotions battantes, les désirs en écho,

les pulsations stridentes des coeurs levés très haut,

j'ai en moi les refus des vies noires et amères.

 

 

Je sais, les ailes impossibles à lier dans le dos

les chemins de traverse où je cours sans frémir

la tendresse qui strie mon coeur de blessures,

si tu ne me suis pas; si tu ne me suis pas............

 

 

viens avec moi......

 

 

 

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Il y a vraiment une race de gens à part dans cette vie. Des gens qui ne calculent pas, qui ne sont pas non plus dans le carpe Diem, le jouir à tout prix de tout, grassement, bassement, avant que de passer de vie à trépas; des gens postés comme de petites vigies de sens et qui portent sur le monde un oeil autre, un regard qui cherche a capter une substance, une couleur, l'impalpable de la vie;

Je ne sais pas pourquoi c'est toujours sur ceux là, plus sensibles et fragiles que la vie tape! Les autres, les décervelés qui vivent au jour le jour en remplissant leur cagnote, qui vivent dans l'étroitesse de leur jugement, de leur petit quotidien aux odeurs de renfermé, de la continuité de leur lignée comme si le sort de l'univers en dépendait, de leurs histoires de fric, de terres, d'héritage, de glose, ceux-la appartiennent à une race pugnace, inatteignable quasiment sauf par le portefeuille.


Je ne veux pas être amère non, je sais que mes mots sont durs, je voudrais juste comprendre ça. Est-ce que la vie peut se passer de cela pourtant, qui fait rêver et transcender la terre, les créateurs de beauté, ceux qui savent peindre le monde et susciter l'imaginaire, ceux qui depuis l'aube des temps, ont pris un fusain, une couleur, ont dit non a l'uniformité de la pensée et des valeurs, ont posé des jalons de pensée pour que l'humanité sorte de l'agraire, du fruste, du terre à terre?

Peut-être que oui, peut-être que la vérité est la, que le poète n'a que le droit de parcourir la terre comme une comète fugitive avant que de s'envoler sur les ailes du vent..........qu'il m 'envole alors, je pars avec lui!!!


Pourtant, essayez d'imaginer un instant, un très court instant, allez-y, fermez les yeux, concentrez-vous et imaginez un monde sans musique, un monde silencieux, un monde sans images et sans sons, un monde sans arts, comme à l'aube des temps oui, c'est vrai, avec une nature peut-être magnifiée, un monde sans paroles, sans sens, un monde resté immobile sur lui, fermé sur sa perfection, un monde d'hommes sans liens, dites-moi ce que vous en pensez, dites le moi!!!!!!


Dites-moi aussi que la beauté vous effraie!!!!!!!!!

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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