Je m’interroge beaucoup sur la pérennité des sentiments et sensations que les humains éprouvent les uns envers les autres. Vous
connaissez, je pense, cette chanson aussi bien que moi ; Au hasard d’une rencontre, d’une disponibilité d’esprit, d’un aléa de vie hors norme
qui tout-à-coup vous sort de votre contexte, naissent les enthousiasmes fulgurants, la curiosité à une réaction, un visage, un mot, et cette espèce de flamboiement interne qui vous mobilise et
vous fait arborer inconsciemment (ou non) vos plus beaux ramages et plumages !
Dans l’enthousiasme et la fascination qui naissent alors, les mots s’emportent vite et les compliments pleuvent ; D’autant
facilités qu’aujourd’hui, c’est parfois par le truchement du net que se forgent ces rencontres, ces impromptus de vie consommables et prêts à jeter !
Ainsi ai-je reçu via Phédrienne certains de ces engouements, vifs et brefs comme un feu de paille. Illusionnés par la rutilance, la
superficie de soi que l’on peut montrer ainsi, les papillons enivrés s’en viennent virevolter autour de ce nectar potentiel, font trois petits tours et puis s’en vont ; Que s’est-ll passé
entretemps ? Une autre fleur plus belle en ses pétales, un miroir plus vif de l‘image de soi qu’on ne cesse de chercher dans ses rapports là, le zapping relationnel qui semble à l’honneur
aujourd’hui, ou, tout bêtement, la déception ? Il semble en tout cas que l’humain soit beaucoup moins fidèle qu’un chat ou un chien ! Prompt à se donner par les mots, prompt à raconter
des histoires auxquelles il croit, rarement présent dans les actes et trouvant à ses défections toutes les excuses possibles : le temps qui manque, les obligations, la famille, le
boulot…… ! Alors, l'attachement qui était là n'est pas plus grand que ce grain perdu dans une fleur de chardon.....
Peut-être ne sommes nous programmés chimiquement et affectivement que pour ces engouements passagers, peut-être avons-nous
peur ? Aimer est une exigence, un absolu qui fait rêver…..tant qu’il ne nous saisit pas ! Alors, combien d’entre nous sont capables de vivre cela, et de se donner ? J’entends
l’amour au sens large, sans idéalisation . Peut-être n’est–ce qu’une histoire ? Après tout, ce qui disparait a-t-il jamais été ? Une
question pour les philosophes….
A vous la parole !