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Il fait un temps  à se raconter des histoires,

Mémoire

Un temps à partir

A cumuler sur les nuages ses pensées d’ivoire

A faire fleurir

Des vagues de tumulte, des bouquets d’étincelles

Et ce feu rougeoyant qui appelle

Il fait un temps à écouter de la musique

Unique

Feulant ses décibels à cœur d’oreille

En marchant sur les trottoirs en liberté

Les cheveux au vent sans port et sans idées

A se laisser glisser au long des ondes vagabondes

Il fait un temps à aimer

Chercher à fleur d’ombre les images si belles

La chair de la ville qui crie ses je t’aime

Et pose sa beauté languide et avilie

En flaques de bohème

Il fait un temps à dériver

Comme un bateau

Sans chercher à comprendre et sans attendre

Il fait un temps à fuguer et je fugue

Libre comme un oiseau, et rebelle

Il fait un temps à savoir le regarder

Il fait un temps à rêver….

Publié dans : Poésies
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Je m’interroge beaucoup sur la pérennité des sentiments et sensations que les humains éprouvent les uns envers les autres. Vous connaissez, je pense,  cette chanson aussi bien que moi ; Au hasard d’une rencontre, d’une disponibilité d’esprit, d’un aléa de vie hors norme qui tout-à-coup vous sort de votre contexte, naissent les enthousiasmes fulgurants, la curiosité à une réaction, un visage, un mot, et cette espèce de flamboiement interne qui vous mobilise et vous fait arborer inconsciemment (ou non)  vos plus beaux ramages et plumages !

Dans l’enthousiasme et la fascination qui naissent alors, les mots s’emportent vite et les compliments pleuvent ; D’autant facilités qu’aujourd’hui, c’est parfois par le truchement du net que se forgent ces rencontres, ces impromptus de vie consommables et prêts à jeter !

Ainsi ai-je reçu via Phédrienne certains de ces engouements, vifs et brefs comme un feu de paille. Illusionnés par la rutilance, la superficie de soi que l’on peut montrer ainsi, les papillons enivrés s’en viennent virevolter autour de ce nectar potentiel, font trois petits tours et puis s’en vont ; Que s’est-ll passé entretemps ? Une autre fleur plus belle en ses pétales, un miroir plus vif de l‘image de soi qu’on ne cesse de chercher dans ses rapports là, le zapping relationnel qui semble à l’honneur aujourd’hui, ou, tout bêtement, la déception ? Il semble en tout cas que l’humain soit beaucoup moins fidèle qu’un chat ou un chien ! Prompt à se donner par les mots, prompt à raconter des histoires auxquelles il croit, rarement présent dans les actes et trouvant à ses défections toutes les excuses possibles : le temps qui manque, les obligations, la famille, le boulot…… ! Alors, l'attachement qui était là n'est pas plus grand que ce grain perdu dans une fleur de chardon.....

Peut-être ne sommes nous programmés chimiquement et affectivement que pour ces engouements passagers, peut-être avons-nous peur ? Aimer est une exigence, un absolu qui fait rêver…..tant qu’il ne nous saisit pas ! Alors, combien d’entre nous sont capables de vivre cela, et de se donner ? J’entends l’amour au sens large, sans idéalisation . Peut-être n’est–ce qu’une histoire ? Après tout, ce qui disparait a-t-il jamais été ?  Une question pour les philosophes….

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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 Soleil intense. ochidee-07-05-03.jpgUne brise apaise ces premières chaleurs d’un printemps qui s’est fait tant prier. La ligne bleue des crêtes rocheuses  orne le ciel  de la vallée. En fermant les yeux, on pourrait entendre le cri de guerre des indiens déferlant de ces canyons au galop trépident de leurs chevaux. Des arbres noueux étendent leurs ombres dures, leurs fleurs blanches exhalant un parfum frais et entêtant et de grands résineux se dressent hiératiques à flanc de collines ; Leur senteur épicée et prenante raconte des histoires d’été, de longues promenades dans les herbes couchées, d’errance.

Partout des fleurs ! Des orchidées pimpantes ou timides dont les mauves, les pourpre, les bleu lavande et la blancheur irradient sous le ciel claquant. D’énormes fleurs de chardon, coussins de paille géants et blonds s’offrent au cœur de leurs feuilles d’argent ciselé ; la nature est prolixe et parle d’un temps éternel, immuable et intouché….

Couchée dans l’herbe, l’œil rivé sur ces fatales beautés, je souris à l’énoncé de leurs noms si peu poétiques : ophrys mouche, orchis militaire,  moustique,  grenouille, ainsi qu’au libellé de leurs parties anatomiques, comble de raffinement pour assurer leur pérennité ; les belles sont rusées et savent charmer les insectes fécondateurs, trompés par leurs atours !   Stigmates, bursicules, caudicules et pollinies, anthères et rostellum donnent à penser que les organes reproducteurs de le fleur n’ont pas plus inspiré les poètes que leurs pendants humains !!! Las, il n’en est pas moins vrai que ces charmantes dames, prêtes à s’autoféconder pour assurer leur descendance, sont un raffinement pour l’œil… dans cette vallée verte et mystérieuse, qui fait oublier la ville et ses vilénies, des dizaines d’espèces vous font hésiter à poser un pas, à vous assoir, de peur d’écraser ces fragiles trésors….. si difficiles à photographier, si aisées à admirer…..un jardin d’Eden à préserver.

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Publié dans : L'anti oeil du photographe
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transmettre-1.jpgLe soleil tape en oblique et la chaleur rayonne. Parc de la Feyssine. Des chapiteaux sympathiques abritent des stands ouverts aux enfants pour une énième fête des plants, où on s’essaie à leur faire découvrir ou redécouvrir la nature et ses enchantements au travers de jeux et d’images. Pudique, je m’éloigne loin des familles ; Mon chemin à moi étant désormais plus solitaire, et je pars m’égarer le long d’un canal moussu, bordé de fleurs sauvages et qui est le refuge secret des grenouilles ! Elles sont là par dizaines et je les entends plonger à mon approche.

Une petite balustrade de bois empêche le curieux de se pencher un peu trop sur ce marécage vert et fangeux où un morceau de bois reste en surface, mystérieusement porté par des myriades de lentilles d’eau. Deux petites voix résonnent près de moi : deux fillettes blondes comme les champs, en short et tee shirt, que la curiosité emmène à mes côtés.  L’aspect verdâtre de l’eau les inquiète et tire d’elle des beurck  éloquents ! Doucement je prends un grand bâton, appelle les petites :

« Venez voir ce qu’il y a dans l’eau ! » 

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J’enjambe la barrière juste un peu. Une des petites s’inquiète : « tu n ‘as pas le droit madame !!! Tu peux tomber ! » Je lui souris, tend le bâton à bout de bras et le ramène couvert de ces petits lentilles. Au soleil, comme par magie, elles changent d’aspect, leurs feuilles miniatures semblent perlées de petits diamants que les petites regardent bouche bée, tout en n’osant pas les toucher !!! J’ai toujours aimé ce geste là, plier ma silhouette d’adulte pour me mettre à portée, montrer  à ces enfants non rassis et curieux ! Derrière elles, le père de famille vigilant me guette, puis se rassure ! Je suis juste sûrement un peu illuminée !!!

Les petites s’en vont, simples et joyeuses et je me sens légère !!!! Un petit lien magique de compréhension s’est tissé, l’espace d’un rêve….

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Il parait que certains aborigènes (tous ?) ne portent pas le même nom toute leur vie ; Celui-ci évolue en fonction des événements importants qui ponctuent leur jours. Je ne sais pas qui en décide, mais l’idée, je l’avoue, me séduit beaucoup. Dans notre tradition judéo chrétienne, le baptême du prénom qui semble sceller votre destin (je dis semble car je ne crois pas au destin) est un bel acte (donner un nom c’est donner la vie,  au sens génésique du terme) mais aussi un enfermement. Il m‘a toujours semblé gênant de vivre dans une société qui ne se contente pas d’être dogmatique, codifiée (elles le sont toutes de la plus simple à la plus complexe),  mais qui ne laisse pas beaucoup de chance à l’individu de devenir autre que ce qu’il semble être. Autrement dit, notre monde ne croit pas à la métamorphose, à la résilience, au passage d’un état à un autre. Tout notre système est fondé sur des engagements inaliénables, y compris pour ce qui est le plus intime et le plus précieux, l’amour entre deux êtres, qui ne saurait être porté comme un carcan et sur lequel la volonté n’a pas de prise.

Contrat de mariage, contrat de travail, contrat de tout ! Ce désir d’ancrer dans le marbre, s’il rend les choses pérennes et protège aussi le statut des plus faibles ou supposés tels, est marqué quand  même d’un sceau poussiéreux ; j’aime quant à moi à imaginer l’humain, et ma propre petite personne, dans un devenir improbable, non tracé, où un autre destin, d’autres désirs, d’autres formes de créations, d’expression, pourront (ou non ) prendre leur place si je continue à avancer (ou à essayer de le faire), apprendre, être curieuse, sans chercher à attester de rien. Sans chercher à garder tout come un Harpagon de l'esprit et de la vie ! C’est peut-être pour cela qu’au risque de sembler bizarre,  je préférerais n’avoir pas de nom ! Ou que le pseudo choisi ici sur ces pages me semble correspondre davantage à ce que je raconte et ce que je me raconte de la vie, le pouvoir de dire oui, et la volonté de dire non, parfois ! A partager avec vous….étonnant ?

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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