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Par curiosité et désir toujours présent de comprendre et de partager, j’ai participé sur un forum traitant de la pêche de la carpe à une discussion houleuse sur la presse spécialisée. Il n ‘entrait pas dans mon esprit de me livrer à une critique de fond acerbe des intervenants de cette presse mais de réagir à la légitimité d’une démarche éditoriale et aux notions d’exigences de qualité, qui pour moi ne sauraient toucher seulement la forme, mais surtout le fond des articles proposés.

Quelle incidence me direz-vous pour cette presse qui traite de loisirs ? Bien que je ne sois pas du tout spécialiste de ces questions, je sais que la pêche de la carpe se heurte à un grand nombre d’interdictions et d’injustices liées à la pêche de nuit. Ce qui pousse certains pratiquants passionnés à enfreindre les lois, faute de pouvoir vivre leur passion dans un cadre légal et clair ; Il existe aussi un très vieux contentieux entre le secteur de pêche privé, qui favorise le trafic des carpes, et le secteur publique. Bref, dans ce dédale juridique et passionnel, il est difficile de se faire une idée juste de ce qu’il est équitable de faire. Le magazine en question semble louvoyer entre le désir de donner une image saine et propre du pêcheur (accusé souvent de non respect de la nature, de comportement illicite et bruyant) et l’invite tacite à faire ce qu’on a envie de faire, sans toutefois se positionner non plus sur une ligne de front ferme, qui pourrait avoir comme but le fait de vouloir changer la donne en faisant pression ou en conduisant un mouvement.

Deuxième axe de discussion, la qualité même et le statut des rédacteurs de cette presse. Comme partout, il s’agit le plus souvent de non professionnels passionnés  plutôt rémunérés à la pige qu’au contrat, et parfois non rémunérés pour leur apport.  Là encore, le débat est insolite à mes yeux puisque d’un côté on revendique le côté distrayant, délassant de cette presse et son besoin supposé moindre de qualité, et que de l’autre on revendique une professionnalisation, une rigueur et une exigence. Drôle d’équation à résoudre !

Troisième axe, la nature des renseignements donnés par le magazine sur les lieux de pêche et qui semblent poser problèmes. Expliquer comment on travaille, sur  quelles sources et avec quelles vérifications désamorcerait les litiges sur ce sujet.

Quatrième axe, la difficulté qu’ont certains membres de cette rédaction à ne pas positionner leur égo quand on s’essaie à une critique constructive, c’est-à-dire à questionner, et à argumenter ; la levée de boucliers est alors immédiate et au lieu de défendre conjointement le magazine, on assiste à de petits duels perso éparpillés et peu crédibles.

Je postule moi que dans ce domaine on ne peut guère naviguer entre deux eaux. Un magazine se doit d’afficher sa ligne éditoriale et l’exposer clairement. Il ne peut pas nier non plus l’impact de ses mots quand ses renseignements et conseils sont lus par des milliers de pratiquants qui vont se précipiter sur les lieux cités et se sentir légitimés dans leurs attitudes par leur journal préféré !

Mais surtout le point crucial est pour moi le pourquoi et le pour qui on écrit : pour faire de l’argent ? Pour partager, instruire, informer ? Pour dialoguer ? Un magazine qui se regarde dans son propre miroir sans tenir comptes des argumentaires court le risque de s’éloigner de plus en plus de son lectorat ! D’autant que ce milieu s’ouvre à un public de plus en plus large et que d’autres parutions prendront ce marché juteux, il n’y a pas à en douter ! L’écriture dans son ensemble est un art complexe et toujours perfectible que l’on sorte ou non d’une école spécialisée ; le seul diplôme requis est celui de l’intelligence, et aussi celui de l’humilité et de l’écoute !!!!Trois facteurs indispensables pour que le rédacteur fasse avec son lecteur, une vraie rencontre !

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Troublée,

Sous le souffle du vent

Je marche timide et tendre

Et mon cœur a 16 ans

Battant comme jadis

Les tambours aux frontières

Sonnant la charge lourde

Et l’estoc et le fer

Manante d’amour fou

Désarmée et sincère

Je laisse le soleil

Dévorer mes cheveux

Et mon regard  se perd

Dans les lointains diserts

Où tout me parle de nous

Je suis une Ophélie

Qui se laisse porter

Par l’onde blanche et blonde

Où je m’en vais rêver

Aux impossibles jours ...

 

Rien n‘est plus facile qu’aimer

Rien n ‘est plus facile que d’y croire

Et je veux bien y sombrer

Vêtue de rien et de cette gloire

D’oser t’aimer….

Publié dans : Poésies
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Je cherche, je regarde, je cours. La campagne et la ville, les allées ombreuses et sablonneuses au bord du canal, les prairies et les bois, je regarde et souvent, je m’assois. J’essaie de sentir, j’essaie à travers mon viseur, d’imaginer un tableau, une sensation, quelque chose qui m‘éclabousse, un petit rien qui m‘émeuve, et j’essaie de le faire vivre !  J’ai feuilleté des magazines, regardé des sites photos,  rêvé parfois devant des mondes qui semblaient beaux. J’ai lu patiemment des conseils savants, comment régler ceci, comment peser cela, tourner les molettes, appliquer le nombre d’or,  ne pas prendre à contrejour, ne pas faire, ne pas faire et encore ne pas faire …et puis, comme je le sens et surtout comme je le veux, allègrement, je transgresse, juste pour découvrir, essayer, trouver la face cachée de la fleur, le bokeh qui va me renverser par ses couleurs, la poésie d’une ligne juste posée dans la lumière, et pourquoi pas ?

Ai-je tort ai–je raison ? Je ne serais jamais une photographe classique , une  une signature traditionnelle sur un portfolio, non ….mais ce que je sais, c’est que chaque image posée, telle que je la vois, telle que je la sens est un petit bout de moi aussi intime qu’un sourire, petite syllabe pas toujours cohérente d’un langage que je m’essaie à trouver ; ce que je sais, c’est que ce vibrato de l’âme qui parfois me transperce quand je cherche un cadrage, absurdement jetée au sol, grimaçant et soufflant pour deux millimètres de fleurs parme dans un nid de verdure, un œil d’insecte flouté dans une herbe mouillée, ça me fait respirer autrement.

Langage de l’émotion, esthétisme quand même, je prends le droit de faire à ma façon, sans prétention autre que celle du plaisir majeur de repenser les choses, de lever ce drapeau frondeur du flou, de l’oblique, de l’étrange, du maladroit ? Pourvu que ce soit moi…..

 

 

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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Sous le soleil

Perdu dans la prairie brûlée de chaleur

Une naissance infime et ô combien signifiante

Sous mon œil étonné, ému et attentif

Comment rendre ce miracle

 Autrement que par la douceur…

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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Interrogation multiple, ridicule, pertinente…sur ces chemins d’artiste qui se tracent difficilement. Jamais je n’ai posé ces mots sur moi-même, sur cette chose à fleur d’esprit et de chair qui me pousse à écrire, à photographier, qui est un moteur si puissant et une source dualiste de plaisir et d’insatisfaction larvaire. Quêter, sentir naitre au fond de soi cette source de mots, ciseler la langue parfois quand elle se présente comme un diamant brut, et que son éclat se perd, ne rien retrancher au contraire, quand l’arête d’une rime, quand la fulgurance d’un mot, tranchante comme le fil d’une épée s’impose en évidence.

Que cherchai-je en dehors de ça ! Ce sentiment d’être plein, entier, comme une portance d’enfants, une mini genèse éphémère mais si totale ? Rien sans doute qui soit communicable, ce chemin là, encore que j’ai voulu le partager est le plus solitaire qui soit….marque de ma vie de louve, chaude et sauvage dans son désert personnel. Ma recherche d’images est telle aussi, avec une frustration géante qui est de n’avoir entre les mains que ma vision d’artiste, ce que mon cerveau reconstruit à partir d’un rien, et que pourtant je ne sais pas faire, ou si peu. Le viseur de mon APN devient alors un œil correcteur, un maquilleur en artifices que je m’efforce de dompter, et qui le plus souvent m’échappe, enfant capricieux et rebelle qui vit alors de sa propre vie, sans moi.

Je comprends aujourd’hui pourquoi il m’est impossible de vivre comme autrui, de me plier aux conventions sociales, aux dogmes, de m’insérer dans une famille, même la mienne, un groupe, une faction, un lieu commun, pourquoi parler du quotidien m’insupporte, je ne sais pas le faire, il me faut le partage, la connivence d’esprit, sentir que ce quelque chose de pulsatile émigre vers la pensée d’autrui et qu’il me le renvoie ! Hier, à genoux dans le sable d’une roseraie, j’ai parlé ainsi à un petit garçon roux, curieux, lutin, qui rêvait de voir le monde des insectes à sa façon, et qui avait collé sa tête à la mienne pendant que je cherchais l’ourlet fin d’un pétale, boursouflure violette perdue au milieu du rose pâle. Il cherchait ses mots et ses parents se moquaient gentiment, sans comprendre, sans entendre qu’il touchait déjà du doigt et de l’esprit ce petit souffle invisible qui pousse à chercher le côté caché de la lune, à transcender un quotidien, à se raconter une autre histoire !!!! Posée à sa hauteur, je l’ai écouté gravement et lui ai expliqué comment il pourrait approcher ce monde minuscule ; Passager et tranquille , cet alizée mouvant, connexion impromptue entre deux âmes, a soufflé là : nous nous étions compris…

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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